Le coeur du projet prend forme
Prolongement de l’autoroute 25
La réalisation de l’imposant projet du prolongement de l’autoroute 25 entre dans sa phase la plus spectaculaire, soit la construction de la partie haubanée du pont.
D’une longueur de 1,2 km, ce pont permettra aux usagers de la route d’enjamber la Rivière-des-Prairies, entre la rive nord et Montréal. Alors que l’on s’affaire à mettre en place les piliers de la partie conventionnelle de celui-ci, soit celle du côté de Montréal, les préparations se sont activées pour l’érection des pylônes de la deuxième section, celle à haubans (dont le tablier est soutenu par des câbles, voir photo en page 3).
Spectaculaires
Comme on peut le voir sur la photo à la une, un rail a été construit temporairement à côté de la structure qui part de la rive montréalaise pour se rendre au milieu de la rivière. Une fois complétés plus loin dans la rivière, ces rails accueilleront, dans quelques jours, une gigantesque grue portique qui apportera les poutres qui prendront en charge le tablier du pont qui sera installé par la suite. Celles-ci pèsent 80 tonnes chacune et sont d’une longueur de quatre mètres. Rappelons que cette portion du pont située du côté de Laval est conçue de façon haubanée pour protéger les esturgeons jaunes qui frayent dans cette partie du cours d’eau.
«Ces travaux seront assez spectaculaires à voir», de dire Daniel Toutant, président directeur général de Concession A25 qui dirige les travaux de cet immense chantier. La structure haubanée devrait être terminée à la fin de cet été. Comme on le sait, ce pont sera payant et comportera six voies au total, ainsi qu’une piste multifonctionnelle.
Tout va bien sur la rive nord
Les travaux ne se limitent pas à «ce plat principal» de 1,2 km, puisque le chantier touche également six kilomètres du réseau routier. La portion nord et celle du sud devraient se rejoindre en décembre 2010. «De façon générale, nous sommes dans les temps. Nous sommes même en avance sur l’échéancier prévu, du côté de Laval. Comme il y a eu retard sur la rive montréalaise, en raison de délais d’obtention de permis, Concession A25 a concentré ses actions sur la rive nord, pour ne pas retarder l’ensemble du projet», précise M. Toutant. L'autre sera sans doute le réenlignement d'une partie de la 440 vers les nouvelles bretelles d'accès
Ce sont 12 bretelles d’accès et la construction de sept structures qui sont en marche. On peut d’ailleurs en apercevoir quelques-unes de l’autoroute 440, dans l’est de Laval. Le président ajoute que l’été sera le moment le plus fort des travaux et que quelque 400 personnes travailleront sur le site.
Par ailleurs, tout un défi attend Concession A25 de l’autre côté de la rivière des Prairies, en 2010, soit l’aménagement de l’échangeur Henri-Bourassa, sans nuire outre mesure aux 120 000 véhicules qui passent dans ce secteur quotidiennement. «Ce sera aussi un fait saillant du chantier», avoue Daniel Toutant.
Nouvelle culture
Le prolongement de l’autoroute 25 vers Montréal se veut le premier projet réalisé en partenariat public privé (PPP). Aux yeux du président de Concession A25, la bonne marche du chantier est le résultat de la très bonne planification et de la gestion, sur lesquelles s’appliquent 120 personnes. «Cette planification n’est toutefois pas statique. Des solutions originales et créatives ont été trouvées en cours de route pour résoudre des problèmes et sauver du temps. Un PPP, c’est la gestion des risques et des décisions basées sur l’expérience. Tous les intervenants, autant le ministère des Transports que le concepteur et les autres, forment une équipe. Il s’est créé un arrimage culturel. Les parties impliquées ont rapidement compris qu’il s’agissait d’un mode nouveau qui doit être abordé avec une certaine humilité. Quand survient un problème, chacune d’entre elles doit mettre l’épaule à la roue. Les partenaires ne doivent pas mitiger les problèmes des autres partenaires. On ne peut pas reprocher à l’une des parties d’aider une autre et aucun des partenaires ne peut dire à l’autre que c’est son problème à lui. C’est une nouvelle culture qui s’installe et elle fonctionne bien dans ce projet qui va bon train jusqu’à maintenant», estime le président de Concession A 25.
(Photo : Martin Alarie)