Le phénomène des gangs de rue inquiète de plus en plus. (Photo archives journal de Rosemont
Gang de rue : les jeunes Lanaudois s’inquiètent
Le mercredi 8 avril dernier, se tenait une conférence sur le phénomène des gangs de rue, une initiative du Comité de parents (CP) de la Commission scolaire des Affluents (CSA).
Selon le Service canadien de renseignements criminels (SCRC), un gang de rue est un regroupement plus ou moins structuré d’adolescents ou de jeunes adultes qui privilégient la force de l’intimidation du groupe et la violence pour accomplir des actes criminels. Le but est d’obtenir pouvoir et reconnaissance et/ou de contrôler des sphères d’activités lucratives.
«Je pense qu’il y a de la peur, causée par un manque d’information», déclare Geneviève Roussety, une intervenante de L’Avenue justice alternative (LAJA) présente à la conférence. Elle attribue aussi cette crainte au sensationnalisme des médias. Mme Roussety pointe principalement la télévision qui ne nuancerait pas dans le traitement des nouvelles.
Trois profils
Il existe actuellement trois profils du phénomène. D’abord les «bandes de jeunes» peu structurées et qui commettent des infractions mineures. Ensuite, les «gangs émergents» ayant comme modèle les «gangs majeurs». Ces derniers sont des adultes plus structurés et plus violents.
Montréal serait la cause de cette appréhension en raison de sa proximité avec la région et de l’ampleur du phénomène sur ce territoire depuis 1980. «On sent une insécurité, un peu peut-être par rapport à ce qu’on entend sur ce phénomène à Montréal», estime Mme Roussety, qui, en 2008, coordonnait une recherche sur la perception des adolescents par rapport au phénomène des gangs de rue dans la MRC L’Assomption.
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dénombre environ 20 gangs de rue majeurs sur son territoire. Ils sont répartis entre deux groupes distincts (les Rouges et les Bleus), représentant entre 300 et 500 membres environ.
Les jeunes lanaudois (73%) croient qu’il y a présence de gangs de rue sur le territoire selon le rapport d’enquête de LAJA, rendu public il y a plus de quatre mois. L’enquête a été réalisée auprès de 347 élèves de 4e secondaire âgées entre 16 et 17 ans.
Cependant, la question ne permettait ni de savoir, selon eux quelle est l’ampleur du phénomène ni s’ils les côtoient. Sept jeunes sur 10 déclarent avoir peur de ces bandes en raison des caractères dangereux et imprévisibles attribués aux gangs.
Intérêt des parents
Dans le cadre de son mandat d’informer et de former les parents, le Comité de parents (CP) de la Commission scolaire des Affluents (CSA) met sur pied toute sorte d’activités et conférences. L’an dernier, une rencontre sur les dangers liés à Internet a eu lieu. Plus d’un centaine de personnes ont été sensibilisées.
Mais le sujet gang de rue semble mobiliser plus de monde constate Mireille St-Pier, présidente du CP de la CSA. «À une semaine de l’événement, plus de 150 personnes s’étaient inscrites, dit-elle, on sent qu’il y a un intérêt rapidement. La rapidité des inscriptions nous porte à croire qu’il devrait y avoir plus de gens que l’an passé».
Madame X
Commentaire mis en ligne le 4 mai 2009Les gangs majeurs sont certes plus structurés, mais pas plus violents que les gangs émergents, au contraire. Leur but ultime est de faire de l'argent, et la violence ça ne fait que porter l'attention sur eux, ce qui nuit à leurs activités lucratives. Les gangs émergents, quant à eux, ont à se prouver, et le font entre autres par la violence.