Présidente d’honneur de la campagne de financement, la comédienne Johanne Fontaine accorde tout son appui à la directrice générale de La Hutte, Estelle Dionne.
(Photo: Yves Ranger)
Fichier: La Hutte
Une maison pour sans abri a besoin de 20 000 $
Elle sollicite les gens d’affaires
Les temps sont durs et le centre d’hébergement d’urgence La Hutte souhaite ajouter à sa capacité d’accueil existante un dortoir de six lits, une expansion qu’il entend financer avec la contribution financière des gens d’affaires de la région.
La directrice générale de La Hutte, Estelle Dionne, avait convoqué la presse régionale, le 7 avril dernier, au Café de la banque dans le Vieux-Terrebonne, pour marquer le lancement d’une campagne de financement, sous l’auspice de la présidente d’honneur de la comédienne Johanne Fontaine. Celle-ci a d’ailleurs lancé un vibrant cri du cœur, en interpellant directement les chambres de commerce de Terrebonne et de Mascouche, afin qu’elles exhortent leurs membres à souscrire à cette cause humanitaire.
«La pauvreté, je l’ai vécue, a-t-elle insisté, rappelant la spirale infernale que peut engendrer la perte d’un emploi. Personne n’est à l’abri».
Le danger le plus pernicieux de cette escalade, poursuit Johanne Fontaine, c’est que la pauvreté entraîne une exclusion sociale, qui peut être déclencheur de maladie mentale. Encore-là, personne n’y est à l’abri, appuie-t-elle. «La schizophrénie affecte plus de Québécois que le diabète, mais on évite d’en parler car c’est encore un sujet tabou», dénonce-t-elle.
Pour une aide ponctuelle
L’objectif de la campagne de souscription est d’amasser 20 000 $, soit le montant qu’il en coûterait pour couvrir le budget d’exploitation d’un dortoir durant les six mois les plus froids de l’année.
«Du 1er novembre 2009 au 31 mars 2010, nous pourrions ainsi offrir aux itinérants de passage un toit, un déjeuner, une douche, un service de buanderie de même qu’un service d’écoute et de référence», mentionne le président du conseil d’administration de cette ressource d’hébergement d’urgence, Gaétan Ennis.
Actuellement, les installations sur le boulevard des Seigneurs, à Terrebonne, ne permettent pas l’accueil ponctuel de sans-abri, puisque l’hébergement d’urgence y accueille 16 pensionnaires pour une période continue de 30 jours. La Hutte abrite aussi un appartement familial et un appartement supervisé, où cohabitent quatre personnes en période de transition. Dans chacun des cas, ces appartements leur assurent un toit pour une durée de trois mois, mentionne Estelle Dionne.
La directrice générale de La Hutte a tenu elle aussi à tuer les préjugés. «Il ne faut pas croire que ceux qui se retrouvent à la rue ne sont que des gens sans scolarité», affirme-t-elle, précisant que la maison avait déjà accueilli un enseignant, un notaire et un chimiste.
Parmi les gens qui frappent à sa porte, elle observe de plus en plus de jeunes âgés entre 18 et 25 ans et de personnes âgées de 60 ans et plus.
Ambassadeurs de l’espoir
La Hutte espère l’appel de généreux donateurs, qui accepteraient le rôle d’ambassadeur de l’espoir.
En plus de contribuer financièrement, ceux-ci seraient d’abord invités à rédiger dans un carnet de motivation un court texte illustrant une tranche de vie éprouvante qui leur a demandé une bonne dose de courage et de persévérance. Puis, en cours d’année, à prendre à nouveau la plume, cette fois pour écrire un mot de félicitations à un résident de la Hutte qui aura réussi avec succès sa réintégration sociale. Cette démarche vise essentiellement à encourager et soutenir l’effort des gens à surmonter une période difficile de leur vie, tout en les valorisant.
Cette ressource d’hébergement répondant aux besoins immédiats et aux situations de crise nécessite bon an mal an d’un budget annuel de 500 000 $.
(Photo: Yves Ranger)
Fichier: La Hutte