Une quarantaine d'organismes étaient représentés, mardi dernier.
- Photo Jean Chevrette
Le milieu communautaire veut plus que des «pinottes»
Manque à gagner évalué à 12 millions $
Le milieu communautaire lance un véritable cri du cœur. Fragilisé par une situation financière précaire, il demande à l'Agence régionale de la santé d'investir afin de consolider le financement des organismes et, ce, dès le prochain budget.
«Lors du dernier exercice financier, les sommes accordées représentaient des pinottes comparativement aux besoins», fait valoir Lyne Sauriol, présidente de la Table régionale des organismes communautaires de Lanaudière (TROCL).
L'an passé, l'Agence a octroyé 17 731 044 $, répartis entre 156 organismes. Or, la TROCL évalue les besoins à 29 771 837 $. «On estime que le manque à gagner s'élève à 12 040 793 $», soutient Mme Sauriol.
Accompagnée d'une quarantaine de représentants du milieu communautaire lanaudois, elle a témoigné de l'urgence d'agir et d'investir des sommes significatives.
Michel Savignac, représentant de la Table de concertation des associations des personnes handicapées de Lanaudière (TCRAPHL), partage cet avis.
Les groupes qu'il représente bénéficient, en moyenne, d'un budget annuel global de 56 522 $.
«Je ne pensais pas vivre assez vieux pour voir apparaître des listes d'attente. Non seulement elles sont réelles, mais elles s'allongent, et, ce, malgré la créativité dont est capable le monde communautaire», mentionne-t-il.
Pour illustrer son propos, il a donné l'exemple de l'Association des sourds de Lanaudière, un organisme à mandat régional qui survit avec 32 000 $ par année.
«Cela leur permet d'embaucher une seule personne. Ce groupe tente de répondre aux besoins de la région, mais avec un budget semblable, il ne peut accomplir sa mission convenablement», indique M. Savignac.
Les organismes jeunesse souffrent, eux aussi, d'un sous-financement récurrent. Les 27 maisons des jeunes de Lanaudière disposent, en moyenne, de 46 000 $ par an.
Cela a un impact direct sur la clientèle, affirme Vicky Daigle, coordonnatrice de la Maison des jeunes de Saint-Sulpice.
Cette situation a également pour effet d'engendrer un important roulement de personnel. «La stabilité est importante lorsqu'on travaille avec les adolescents. Le sous-financement amène des employés qui sont mal rémunérés et, donc, un grand roulement. Cela ne permet pas de consolider les liens qui sont créés avec les jeunes», explique-t-elle.
Ce que la TROCL demande, c'est donc l'adoption d'un plan de rehaussement régional.
«L'Agence va continuer à supporter, en fonction de ses moyens, le milieu communautaire», a souligné Jean-François Foisy, le président-directeur général de l'Agence, sans toutefois prendre d'engagement clair.
Les sommes qui seront octroyées à l'Agence, en vertu du budget provincial, ne sont pas encore connues. L'organisation espère obtenir son enveloppe régionale dans les premières semaines d'avril.