Flora Marlow est bien installée à Mascouche avec son époux et leurs quatre enfants Fiona, 14 ans, Shannon, 13 ans, Brendan, 6 ans et Ryan, presque 3 ans. (Photo : Yves Ranger)
L'amour mène Flora Almeida à Mascouche
C'est comme étudiante étrangère venue de l'Inde que Flora Almeida a foulé le sol canadien pour la première fois, il y a un peu plus de 20 ans. Et c'est par amour qu'elle y est restée.
Sixième d'une famille de sept enfants, elle est née à Bombay. La jeune fille, qui a perdu son père alors qu'elle était âgée de 13 ans, a grandi en Inde. «Nous vivions bien là-bas», de dire celle qui a poursuivi des études comme comptable agréé dans son pays natal. Quelque temps après le décès de sa mère, la jeune femme âgée dans le début de la vingtaine décide de venir continuer ses études au Canada. Son souhait : se spécialiser en science informatique à l'Université Concordia de Montréal. À cette époque, sa sœur demeurait déjà à Ottawa.
L'hiver?
Flora se souvient encore très bien de son arrivée au Canada, chez sa sœur, au mois de mars, alors qu'elle ne portait qu'un chandail. «Je ne savais pas qu'il y avait encore de la neige. Je regardais les arbres et je pensais qu'ils étaient tous morts. Je me disais : pauvres gens, ils n'ont pas le temps de les couper», raconte-t-elle avec le sourire. «En avril, j'ai été fascinée par le changement dans la nature puis de voir aussi l'automne et ses couleurs. J'ai apprécié chaque saison», avoue-t-elle.
Un avion, un sac à main !
«Je suis heureuse d'être arrivée ici à 23 ans, un âge où on est mature. Il y avait beaucoup de tentations. En Inde, on ne buvait pas d'alcool et ne fumait pas de cigarettes. C'est très religieux : l'église, la famille et la communauté font leur devoir», explique Flora. «Mon objectif était de suivre mon cours, puis retourner en Inde et me marier avec un homme de là-bas. Mais, ma vie a été différente», explique-t-elle.
Le temps d'un vol d'avion, la vie de Flora a effectivement pris une toute autre direction que celle qu'elle envisageait. Notre interlocutrice explique : «J'avais pris l'avion à l'aéroport de Dorval (aujourd'hui appelée Pierre-Elliot-Trudeau) pour me rendre à Winnipeg, afin de participer à une conférence. J'avais avec moi mon sac en cuir orné d'éléphants qui venait de l'Inde. Le fermoir de ce sac à main était brisé. Un homme, qui l'avait remarqué, m'a demandé mon numéro de téléphone et m'a dit qu'il me téléphonerait pour que l'on se rencontre afin qu'il puisse réparer le fermoir de mon sac. Celui-ci, de nationalité irlandaise qui demeurait à Mascouche, est devenu mon mari en 1992. Mais le fermoir de mon sac à main n'a jamais été réparé !», lance-t-elle en riant.
En fait, le Mascouchois lui a téléphoné pour l'inviter à l'exposition de voitures au stade olympique. «J'y suis allée mais je n'ai pas beaucoup aimé ça. Dans ma famille, j'ai appris que si quelqu'un te donne quelque chose, tu dois lui retourner la faveur. Il avait payé mon billet d'entrée, je l'ai donc invité à souper. Étant étudiante et donc pas très riche, et le menu du restaurant italien étant un peu cher, je lui ai dit que je n'avais pas faim et je l'ai regardé manger», se souvient-elle, toujours le sourire aux lèvres.
Qui prend mari…
Comme le veut l'adage Qui prend mari prend pays, Mme Flora Marlow s'installe à Mascouche en 1992. Elle ne parle pas français et ne connaît personne. «J'étais obligée de parler français ici. Je me souviens être allée dans un dépanneur pour acheter du sel. En Inde, le sel, c'est du sel de mer granuleux que l'on retrouve en gros sac. Bien sûr, je ne trouvais pas ce que je cherchais. Finalement, quelques jours plus tard, j'ai fini par trouver une petite boîte de sel mais c'étaient des sels minéraux !», mentionne-t-elle, en riant.
En plus d'apprendre le français, Flora s'est vite impliquée dans sa communauté, notamment dans l'église et en faisant du bénévolat. Elle estime que s'impliquer est nécessaire pour n'importe quelle personne qui arrive dans une nouvelle ville. «Mes filles ont fait du patinage artistique. J'allais attacher leurs patins et ceux de toutes les autres aussi. J'ai été entraîneur au soccer et j'ai donné de mon temps de diverses façons», de dire celle qui voulait aussi inculquer l'importance du bénévolat à ses enfants. Aux yeux de Flora, Dieu lui a tout donné et elle doit «en retourner» à ceux et celles qui n'ont pas la même chance et le même espoir qu'elle. Aujourd'hui, Flora est toujours bien installée à Mascouche avec son époux Cathal Marlow et sa petite famille de quatre enfants.
«À mon arrivée, en mars, je regardais les arbres et je pensais qu'ils étaient tous morts»
- Flora Almeida