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Le Trait d'Union
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Les réactions moulinoises

par Diane Legault
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Article mis en ligne le 1 août 2008 à 9:25
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Les réactions moulinoises
Appelés à réagir au contenu du rapport du BAPE sur la demande de BFI Lachenaie d'agrandir son site d'enfouissement, les maires de Terrebonne et Mascouche se disent satisfaits tout en apportant certains bémols.
Pour le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, le constat est intéressant puisque faute d'alternatives à l'enfouissement des déchets résiduels, le BAPE n'avait d'autres choix que de recommander l'agrandissement et qu'il faut mettre ces ordures en quelque part. Satisfait aussi, parce que «le BAPE laisse entendre, dans la foulée des interventions des Villes de Charlemagne, Mascouche, Repentigny et Terrebonne, lors des audiences publiques, que l'on doit trouver des alternatives et qu'il faut que le gouvernement du Québec s'implique», fait-il remarquer. «Si le gouvernement ne prend pas les moyens et ne s'implique pas, dans cinq ans, la situation ne sera pas réglée, dans cinq et même dix ans, on va reparler de la même situation».

Aux yeux du maire, le rapport est intéressant parce qu'il va dans le sens des demandes des quatre villes limitrophes, notamment en ce qui a trait à la création d'un parc, de la nécessité de récupérer les biogaz, des redevances demandées par ces villes. «Le BAPE n'est pas en désaccord avec notre demande d'une redevance supplémentaire de 10 $ la tonne aux usagers du site de BFI à Terrebonne», de dire Jean-Marc Robitaille, signifiant ainsi que le tournant vert ne peut fonctionner que si le gouvernement impose ce montant supplémentaire et le réinjecte dans des projets et alternatives environnementaux. «Si cela prendra de dix à douze ans pour mettre en place ces alternatives, cela n'empêche pas le fait que pendant ce temps, les gens apportent leurs ordures chez nous. Ce n'est pas à travers BFI que cette démarche de redevance doit se faire mais pour tous les centres d'enfouissement, afin que ce soit équitable pour tout le monde au Québec et que l'argent soit réinvesti dans des projets environnementaux».

Le maire fait toutefois remarquer que le sujet des couches de recouvrement sur le site (composé de déchiqueture de véhicules, autre que le métal) n'a pas été abordé par le BAPE. «Cette couche de recouvrement ne devrait représenter que 5 % à 7 % de la capacité du site. Pourtant, elle représente de 30 % à 35 %. C'est une forme d'enfouissement déguisée et en plus, le gouvernement n'impose aucune redevance sur ces déchets (ce qui représente 350 000 tonnes et 3 M $ à 3,5 M $ non perçus), les considérant comme de la récupération. De plus, elle occupe de l'espace pour l'enfouissement des ordures. «Si le site atteint sa pleine capacité, il nous faudra trouver un autre endroit pour enfouir les déchets, ce qui occasionnera des coûts supplémentaires, dont ceux reliés au transport». Jean-Marc Robitaille fait aussi observer que le taux de recyclage ne cesse d'augmenter, ce qui crée de l'espace sur le site. «Il y a moins de déchets résidentiels qui prennent la direction de BFI, mais il y entre autant de déchets, dont ceux servant à la couche de recouvrement. Cela laisse aussi de la place pour les déchets industriels», laisse-t-il entendre.
Souris et éléphant
Pour sa part, le maire de Mascouche, Richard Marcotte abonde dans le même sens. Il précise de plus qu'il est satisfait du rapport «parce que pour une fois, il introduit les intérêts des quatre villes en regard des solutions possibles». Par contre, tout comme Jean-Marc Robitaille, il insiste sur le fait que le gouvernement a un rôle primordial à jouer, qu'il doit s'impliquer dans ce virage vert, qu'il doit investir dans celui-ci et mettre sur pied un cheminent clair : «Le fond du problème appartient au gouvernement. Il manque définitivement de moyens concrets pour résoudre la situation et favoriser la diminution de l'enfouissement des ordures. Par ailleurs, ajoute-t-il, la Ville de Montréal devra prendre ses responsabilités. C'est beau de recevoir ses déchets résiduels dans notre dépotoir mais il va falloir qu'on comprenne que nos contribuables ont déjà fait leurs efforts, par leurs deniers, pour leur recyclage. Les Moulinois n'ont pas à être pénalisés par l'inaction de Montréal».

Abordant le fond du problème par une métaphore, le maire de Mascouche explique que de régler les problèmes reliés au site d'enfouissement à la pièce n'est pas une solution en soi. «Il faut s'attaquer au problème de dimension de l'éléphant. Par exemple, BFI a réglé son problème des goélands sur son site. Mais maintenant, ils viennent dans nos villes, comme si le problème avait une dimension de souris. Il y a d'autres problèmes de dimension de souris, mais il faut s’attaquer à l'éléphant : qui va vouloir payer pour les nouvelles technologies ? La MRC Les Moulins a fait ses efforts en termes d'argent. Pendant ce temps, Montréal attend la solution de Québec», lance Richard Marcotte.
Même son de cloche du côté du député adéquiste de Terrebonne, Jean-François Therrien qui salue, au passage, les recommandations concernant le parc de conservation. Toutefois, il affirme lui aussi que la responsabilité d’investir et de développer des alternatives à l’enfouissement des ordures incombe au gouvernement. Actuellement, le gouvernement agit en spectateur et délègue des pouvoirs à la CMM qui se doit de trouver ces alternatives. Il donne les responsabilités sans les moyens, soutient-il. Pourtant, c’est le gouvernement qui donne les permis aux sites d’enfouissement et donc c’est lui le responsable. Pour le député, le gouvernement devrait financer la moitié des immobilisations de nouvelles technologies alternatives. @ST:BFI satisfait
Compte tenu des circonstances, les dirigeants de BFI se disent eux-aussi satisfaits du rapport du BAPE. «Nous souhaitons quand même que le gouvernement règle le problème à long terme. Il pourrait réévaluer la situation par étapes de cinq ans, ou encore modifier la certification si les déchets diminuent, au lieu de devoir refaire le processus des audiences publiques à chaque fois», de dire Hector Chamberland. Celui-ci rappelle que même la CMM estime qu’il faudra de 10 à 15 ans pour mettre en place des alternatives à l’enfouissement. M. Chamberland indique également que BFI a déjà des terrains prévus qui pourraient servir à faire le parc. Il fait de plus remarquer que BFI a réglé certains problèmes, a réduit les odeurs et qu’il a été démontré que sa présence n’a pas d’impact majeur sur la santé des citoyens, notamment par des documents où l’on retrouve des avis de médecins.

En ce qui a trait à la couche de recouvrement. Hector Chamberland dit que les chiffres avancés sont erronés. «À chaque trois mètres de déchets, nous sommes tenus de les recouvrir d’une couche de 20 cm. Celle-ci est composée de sol et de déchiqueture d’automobiles, sauf le métal. Quand une cellule est complétée, on doit la recouvrir d’une couche drainante de 60 cm composée de sable et de déchiqueture», explique-t-il. Celui-ci ajoute que BFI doit respecter le cap maximal annuel de déchets de 1,3 tonnes. Rétorquant aux élus, il indique qu’il ne faut pas oublier que même si les citoyens recyclent plus, la population elle, augmente très rapidement.

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