Enfin, les sucres !
D’une durée d’environ un mois, le Temps des Sucres s'inscrivait originalement dans la période du carême. Pépère disait même que « le Carême finissait avec les Sucres! Au yâb les 40 jours! ».
La cabane à sucre a souvent été le théâtre de rencontres, d’amourettes et d’autres divertissements. À ce que Pépère racontait, c’était souvent le patriarche de la famille qui s’affairait à porter l’eau d’érable à ébullition. Lieu sucré sacré, la cabane était un endroit où se chevauchaient le sucre et les vices de bon goût telles les eaux d’érable et de vie. Cependant, pour certaines nuitées de lendemain de veille, le chef familial mandatait l’aîné de ses fils à veiller à ce que tout bout sans tout éclabousser.
Au point de vue contenu et petit secret acéricole, on mettait une tranche de lard dans l’eau d’érable bouillante pour éviter les submersions, ce qui impressionnait les enfants sages et déprimaient les hyperactifs qui attendaient vainement que l’eau atteigne la coche au-dessus du « ras le bol ». Qu’on le sache, le petit lard pète des bulles, donc pas de débordement!
Pépère racontait même que ces quarts de veille à la cabane étaient souvent l’occasion où les jeunes hommes perdaient ce petit quelque chose qu’avaient encore les jouvenceaux. Disons que la gente féminine du temps avait un grand faible pour les jolis becs sucrés dans les petits coins sombres... et que le printemps, les bourgeons bourgeonnent.
Article de Simon Boudreau
Animateur culturel à La Maison de Pays – Région Lanaudière SODECT