Renaud Thibault (Photo : Yves Ranger)
Une force tranquille
Près de 36 ans après avoir quitté sa Gaspésie natale, Renaud Thibault sait maintenant que, si c'était à refaire, il aurait peut-être fait son droit pour devenir avocat. «J'ai souvent l'occasion de participer à des prises de décision dans des cas de conciliation avec la Fédération des Chambres immobilières du Québec et j'aime bien ce travail», confie le principal intéressé.
Par contre, il trône actuellement au sommet d'une carrière et d'une réussite fort enviables, où il serait difficile de demander mieux : président, directeur-général, et copropriétaire de RE/MAX des Mille-Îles (avec sa conjointe).
Quand à 16 ans il quitte son coin de pays pour venir s'installer à Montréal, il ne sait pas exactement ce qu'il va faire, mais il connaît son futur employeur : le Groupe Leroux. Il œuvrera dans l'évaluation municipale. «J'avais travaillé pour eux en Gaspésie et le patron m'avait offert de retravailler pour eux, si je venais à Montréal. Quand il m'a vu débarquer dans son bureau, il a compris que j'étais sérieux», dit Renaud Thibault avec un sourire.
«Je suis un décrocheur scolaire. J'ai commencé à travailler à 12 ans et j'ai quitté l'école à 15 ans. Mon père ne s'est pas opposé, mais il m'a dit : «Tu ne resteras pas à rien faire. Tu vas gagner ta vie». Il croyait que ça ne durerait pas. Pourtant, je ne suis jamais retourné sur les bancs de l'école», lance Renaud Thibault.
Issu d'une famille de six enfants, dont le père a occupé de nombreux emplois, Renaud Thibault est fier de souligner que sa mère, aujourd'hui âgée de 79 ans, travaille toujours.
Un départ
À 12 ans, il devient d'abord garçon de table, puis caddie de golf où il suivra très souvent les mêmes joueurs, notamment quatre professionnels. «J'admirais ces gens qui, en plus de leur profession, pouvaient faire autre chose, et se payer de belles choses. Je voulais en arriver là. Pourtant, aujourd'hui, je ne recherche pas les grosses voitures ou le tape-à-l'œil», dit celui-ci.
Après quelques années, il rencontre le Mascouchois Richard Charrette qui l'invite à devenir vendeur en aliments naturels. Quelques années plus tard, il quittera pour Cadbury, puis Pillsbury, Tremco. «Quand j'ai l'impression d'avoir fait le tour du jardin, j'ai besoin de trouver d'autres défis à relever. Je ne reste pas là !», ajoute encore Thibault.
La piqûre
Au début de son mariage, il réalise que l'immobilier représente l'endroit majeur où investir. Il s'achète une première maison, puis en possédera ensuite trois ou quatre. «Je réalise en même temps que, si je suis bon pour les autres, pourquoi ce ne serait pas bon pour moi ? Je serais mon propre patron!».
En 1987, il devient agent immobilier et travaille pour RE/MAX La Pointe. En 1991, avec des partenaires, il fonde Les Courtiers associés et le 31 octobre 1992, le Permanent lui offre le poste de directeur. En 1993, le Permanent part en faillite et malgré ses efforts pour le remettre sur ses rails, la fermeture devient bientôt définitive. Il est alors engagé par La Capitale où il œuvre au redressement de succursales un peu partout au Québec.
En 2004, il entend parler que Michèle Vézina veut se départir de RE/MAX des Mille-Îles, à Terrebonne, et très rapidement il s'entend avec elle. «Quand je suis passé chez le notaire et que j'ai regardé les papiers et les garanties que j'offrais, j'ai compris que, si je manquais mon coup, je me retrouverais à la rue. Mais, j'avais confiance», dit Renaud Thibault.
Alors qu'il dispose de quatre ans pour rembourser sa dette, il obtient sa quittance finale huit mois plus tard ! En 2005, il achète la bâtisse et devient seul maître à bord, ou presque. «C'est 50-50 avec mon épouse, des enfants à l'entreprise», ajoute sérieusement le propriétaire de RE/MAX, qui voit alors son épouse venir l'épauler au bureau après avoir travaillé 27 ans pour la Banque Laurentienne.
Réussite
De 2004 à 2007, RE/MAX des Mille-Îles passe de 38 agents à 72, du bureau de Terrebonne à un deuxième à Lachenaie, et, surtout, d'un chiffre d'affaires qui double, soit de 79 M $ en 2004 à 160 M $ en 2007. RE/MAX des Mille-Îles c'est aujourd'hui plus de 45 % du marché immobilier de toute la région. «Quand j'ai acheté, j'avais tellement confiance que ce bureau était encore très loin de son plein potentiel», assure-t-il.
Sous peu, Renaud Thibault annoncera des innovations importantes, des projets qui devraient amener sa compagnie à occuper plus de 50 % du marché immobilier.
La relève peut se trouver dans sa propre famille alors qu'un de ses deux fils travaille avec lui, mais rien n'est encore assuré et d'ailleurs, il n'est pas prêt à prendre sa retraite. Il aime trop ce qu'il fait et les causes qu'il défend. Il ne craint pas de s'impliquer dans toutes les facettes de son commerce alors qu'il remplace autant la réceptionniste quand c'est nécessaire ou qu'il répond au téléphone.
Renaud Thibault ne s'assoit pas sur cette réussite et en redonne beaucoup à la communauté en s'impliquant notamment dans la Fédération des Chambres d'immeubles du Québec, dans l'Opération Enfant Soleil, dans le mentorat de la Chambre de commerce, dans l'Oktoberfest, etc.
Il a peu voyagé jusqu'ici, mais il en a de plus en plus le goût. Il joue un peu au golf dans ses moments libres.
«Il faut croire en ses rêves. Je suis une preuve que ça peut se réaliser», conclut Renaud Thibault.
«Quand j'ai acheté, j'avais tellement confiance. Ce bureau était encore très loin de son plein potentiel»,
- Renaud Thibault
Réal Lacasse
Commentaire mis en ligne le 11 août 2008C'est un article très intéressant et une très belle histoire de réussite et de détermination.
Bravo à Renaud et Marguerite, vous êtes un bel exemple pour des milliers de personnes.
Réal et Monique