En plus d'être la première Québécoise à participer aux Jeux Olympiques en lutte, Martine Dugrenier pourrait être la première à rapporter une médaille dans cette discipline. (Photo : Courtoisie)
Martine Dugrenier, 1ère Québécoise en lutte aux Jeux Olympiques
Parmi les millions de téléspectateurs qui seront rivés à leur téléviseur le 16 août, un Mascouchois surveillera encore attentivement les faits et gestes de sa plus jeune sœur qui participera à ses premiers Jeux Olympiques.
L'artiste Pascal Dugrenier, qui fait son chemin dans le domaine de la chanson, souhaitera voir sa sœur, Martine, remporter au moins son premier combat en lutte olympique.
Martine Dugrenier, récente gagnante de la médaille d'or aux Jeux Panaméricains, qui lui a d'ailleurs valut une passe en vue des Jeux Olympiques, tentera sa chance dans la catégorie des 63 kg. Elle est d'ailleurs la première Québécoise en lutte à se classer pour les Jeux Olympiques. «Je ne réalise pas encore que je vais aux Olympiques. Je suis concentrée sur mon entraînement et j'ai hâte d'être sur place. Je vais vivre chaque événement quand ce sera le temps», dit celle-ci. Elle sera sur place du 5 au 25 août, soit pour toute la durée des jeux. «J'aurai sûrement mon appareil photo pour rapporter quelques clichés souvenirs», assure Martine.
Un podium
La jeune lutteuse de 29 ans vise une place sur le podium, mais elle sait aussi que tout est possible dans ce genre de combat. Elle peut viser haut, elle a été vice-championne du monde trois années consécutives.
La Japonaise qui remporte le titre à chaque occasion depuis plus d'une décennie, représente le plus fort challenge de ce groupe. «Elle est excellente et très intelligente, mais elle ne déclasse jamais ses adversaires. Tous ses matchs sont serrés. Elle n'est pas imbattable. Cependant, pour gagner contre elle, ça prendra un match parfait», soutient la lutteuse québécoise.
Outre ce succès aux Jeux Panaméricains, la Québécoise arrive d'Espagne où, malgré un combat perdu, elle a quand même mérité la médaille d'or. Elle luttait alors dans la catégorie des 67 kg. Elle a également combattu à Londres, dans la catégorie des 72 kg, terminant 4e. «Ce n'est pas grave, nous ne cherchions pas des résultats, seulement à parfaire certaines techniques», assure Martine.
Un parcours imprévu
La gymnastique artistique était pourtant la passion de Martine Dugrenier au départ. «J'avais besoin d'une bourse et je voulais étudier aux États-Unis pour parfaire mon anglais par la même occasion. Victor Zilberman, mon entraîneur, m'a suggéré de commencer par aller au cégep anglais, puis de changer de discipline. Avec mes blessures aux genoux qui revenaient souvent, ça semblait une bonne idée», confie Martine.
Cependant, elle n'a pas aimé la lutte dès le début. Elle en a fait un peu, puis s'est arrêtée pendant plus d'un an. «Physiquement, je me suis vite aperçu que la lutte était moins difficile que la gymnastique et que j'avais une meilleure chance d'atteindre des sommets dans ce sport», ajoute encore la Lavalloise. «Quand j'étais jeune, j'ai toujours été une grimpeuse. J'aimais aussi les défis. Je ne pouvais joueur avec mes frères, ils étaient trop vieux pour moi» dit-elle encore.
Au cégep Vanier, puis à Concordia, elle a vite remporté des succès en lutte et s'est mise à aimer ce sport. Elle donne d'ailleurs des conférences sur le sujet. «Je veux mieux faire connaître ce sport et lui redonner un peu de ce qu'il m'a donné et lui donner ses lettres de noblesse», assure la lutteuse olympique. «Tout le monde s'est déjà «tiraillé» dans sa vie et la lutte, c'est un peu ça. Sauf qu'il y a des règlements à respecter», dit en substance Martine Dugrenier aux jeunes qu'elle rencontre dans les écoles.
Détentrice de deux BACS, en Thérapie du sport et Éducation physique, et d'un diplôme en administration sportive, elle entreprendra en septembre une maîtrise en études comparées. «Je veux être associée au sport, mais pas nécessairement en tant qu'entraîneur à temps plein. Il y a aussi l'enseignement qui m'intéresse», conclut Martine.
«Je ne réalise pas encore que je vais aux Olympiques. Je suis concentrée sur mon entraînement et j'ai hâte d'être sur place. Je vais vivre chaque événement quand ce sera le temps»,
- Martine Dugrenier