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La brebis égarée

par Mélanie Adam
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Article mis en ligne le 8 mai 2008 à 16:02
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La brebis égarée
La semaine dernière, j’ai assisté à la première communion de mon filleul. Dès mon entrée à l’église, je ne pouvais m’empêcher de me questionner, à la manière d’une journaliste : quand, où, comment et pourquoi me suis-je éloignée de ma foi religieuse?

Mes premiers cours de catéchèse m’ont enseigné l’histoire extraordinaire de Jésus, cet homme bon, réputé pour ses actions miraculeuses et pour son discours d’amour universel. Enfant angoissée, craignant la guerre et la mort, je le priais tous les soirs. J’exprimais des vœux précis pour mes proches et pour moi. J’implorais la paix dans le monde. Je demandais l’absolution pour mes fautes commises. Ce n’est que le soir de Noël, parmi les retrouvailles enjouées sur le parvis de l’église, que j'observais réellement la force de la parole de Dieu.

Puis, j’ai côtoyé le doute. Pendant mes études secondaires, dans l’enceinte d’une institution religieuse et privée, j’apprenais par cœur les enseignements de Dieu, à la virgule près et sans explications. De là, l’histoire la plus populaire au monde, si passionnante, m’est apparue comme une œuvre imaginative, originale, et dissociée de ma réalité. Dorénavant, les mots liberté, partage et pardon n’avaient de sens qu’en des termes concrets, expliqués par une enseignante laïque, à travers des exemples tirés de la vie quotidienne. J’avais 16 ans et l’image irréprochable de Jésus s’éloignait peu à peu de mes croyances. Je voulais vivre selon ma volonté et non plus selon celle de Dieu. Ma foi se tournait vers mon propre pouvoir intérieur. Je devenais peu à peu une brebis égarée.

Aujourd’hui, je constate que ma réflexion reflète également celle d’une société individualiste, révoltée par le pouvoir et engagée vers l’avenir. Je sais que je n’ai point le pouvoir, ni la connaissance pour juger l’éducation religieuse. Toutefois, je suis complètement désinvolte devant les assemblées protocolaires, même extérieures au domaine religieux. Ces mises en scène ne sont-elles pas des démonstrations abusives du respect exigé envers une figure d’autorité ou en position de pouvoir? Les chorégraphies eucharistiques ne perdent-elles pas tous leurs sens dans la société actuelle? Est-ce que l’Église ne devrait-elle pas abandonner les rituels cérémonieux? Pour ma part, j’ai décroché. En tant qu’être humain rationnel, sensible et libre, je ne peux me résigner à me mettre debout ou à genou sans d’abord me questionner sur la valeur intrinsèque de ces gestes. Concrètement, je me demande toujours ce qui fait tant courir les membres d'un troupeau dans une même direction, sachant très bien que le chemin à suivre existe en chacun de soi. Heureusement, je ne crois pas être le seul mouton noir à y croire.

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