(Photo : Yves Ranger)
Les mots d'une mère
Louise Tremblay-D'Essiambre
Passionnée par l'écriture, Louise-Tremblay-D'Essiambre a mis au monde plus de vingt ouvrages en 25 ans. Malgré son succès, la famille et les neuf enfants de la Lachenoise demeureront sans contredit sa plus grande fierté.
«La Fête des Mères est plus importante que ma propre fête, puisqu'elle représente ce qui a été le plus important dans ma vie, mes enfants», explique l’auteure de la saga des sœurs Deblois et de la série Les années du silence.
Puisant dans sa propre expérience, elle a orienté l'éducation de ses enfants vers la liberté individuelle. «Lorsqu'ils étaient bébés, je considérais déjà mes enfants comme des adultes en devenir. Je ne me suis permise aucun droit de regard sur leur vie afin que chacun suive son destin», exprime-t-elle.
De plus, elle se considère comme une compagne de route, une référence dans leur vie. Elle ne niera jamais le fondement de la maternité. «Être mère, c'est un contrat à vie. Rien ne pourra s'interposer entre mes enfants et moi. Je serai toujours présente à leurs côtés», concède-t-elle.
L'aînée de la famille a 36 ans alors que la cadette, née d'un second mariage, en a sept. En effet, l'auteure a vécu les joies de la maternité une neuvième fois, à 48 ans. Elle a également huit petits-enfants.
«Ce que je vis avec la plus jeune ne reviendra pas, j'en suis consciente aujourd'hui. Avec l'expérience, j'ai une idée du cheminement qui la mènera de l'enfance à la vie d'adulte. Je suis plus patiente maintenant qu'il y a quelques années», mentionne-t-elle.
Fière de sa famille, «imparfaite puisqu'issue d'une mère imparfaite», Louise Tremblay-D'Essiambre décrit la maternité comme un lien instinctif entre l'enfant et sa mère, plus fort que tout, mais qui ne s'apprend pas. «Même dans la société d'aujourd'hui, je pense qu'il est plus facile d'élever plusieurs enfants qu'un seul» affirme-t-elle.
À l'inverse, elle confie que le rôle de grands-parents est plus difficile à apprivoiser. Elle veut être davantage à l'écoute de ses petits-enfants. «C'est merveilleux de constater qu'au fil des ans, le lien qui unis tous les membres de la famille se transforme en une relation d'amitié. Bien qu'il soit plus difficile aujourd'hui de se réunir, le sentiment d'appartenance à la famille est très fort, tout comme le plaisir de se retrouver. Nous sommes alors 25 personnes autour de la table», ajoute-t-elle.
Nouvelle saga
C'est à l'aube de ses trente ans qu'elle a débuté pleinement sa carrière d'écrivaine, celle à laquelle elle rêvait depuis l'âge de cinq ans. Pendant des années, elle a réussi à concilier sa réalité familiale et son travail, avec discipline, volonté et ténacité, jour et nuit. «Comme élever un enfant, écrire est un besoin vital pour moi», précise Louise Tremblay-D'Essiambre.
Chacune de ses œuvres possède un fond de vérité, basé sur de réels contextes sociaux et historiques. Des personnages se greffent à ses réflexions et lui imposent leur vision. «J'attends qu'ils me parlent, qu'ils me racontent une histoire», mentionne celle pour qui la page blanche n'existe pas.
Dans Mémoires d'un quartier, sa plus récente série, l'auteure fait un retour dans les années 50, au cœur d'un quartier ouvrier de Montréal. Le premier tome, Laura, s'est déjà vendu en 15 000 exemplaires. «Cette époque me rappelle des souvenirs d'enfance inoubliables, des années où ils faisaient bon vivre : les parties de hockey avec mon père, sa façon imaginative de raconter des histoires, et ma mère, une femme de cœur, qui m'a donné le goût de la lecture», se rappelle-t-elle. Déjà à l'écriture du deuxième tome, Antoine, elle espère poursuivre la saga jusqu'aux années 2000.
Passionnée des mots et des livres, communicatrice exceptionnelle, Louise Tremblay-D'Essiambre ne risque pas de décevoir ses lecteurs. «La retraite ? Je n'y crois pas : je ferai mon métier tant que j'aurai les idées cohérentes», révèle-t-elle.