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Le Trait d'Union
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La goutte qui fait déborder mon vase

par Diane Legault
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Article mis en ligne le 1 mai 2008 à 16:57
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La goutte qui fait déborder mon vase
La goutte qui fait déborder mon vase
Chaque printemps, la RAIM nous rappelle religieusement qu’il faut cesser de gaspiller l’eau et que les garnements qui ne respecteront pas les restrictions se feront taper sur les doigts. Ben oui, je le sais! On le sait tous! Souvent, ça coule encore comme l’eau sur le dos d’un canard. Facile : j’ai soif, j’ouvre le robinet et je bois. Et puis, ça change pas grand-chose si je ne ferme pas le robinet pendant que je brosse mes dents! Ça, c’est avant d'entende l’histoire de Nicole Meunier, cette Terrebonnienne qui veut faire en sorte qu’on puisse creuser un puits et donner de l’eau aux gens de Bamako, en Afrique. À chaque fois que j’assiste à un point de presse de l’organisme de Terrebonne Tous les enfants de l’autre monde, qui parraine le projet de Nicole Meunier, ou que je rencontre son responsable, Sylvain Fillion, j’ai la larme à l’oeil, la goutte qui fait déborder mon vase. Depuis 10 ans, Sylvain entraîne dans son sillon de bonté plusieurs Moulinois qui sortent les enfants des rues du Pérou, ou qui allègent de la misère des gens d’autres pays. Et je parle ici de la vraie misère, pas de la misère nord-américaine. Et il réussit, à petits pas.

J’ai la larme à l’œil, quand j’entends Sylvain me parler des enfants qui vivent dans les rues, laissés seuls à eux-mêmes, parce que leurs parents sont trop pauvres pour les nourrir, quand j’entends Nicole Meunier raconter comment elle s’est sentie lors d’un séjour avec Tous les enfants de l’autre Monde, quand elle a côtoyé des femmes, souvent veuves, qui marchent, à chaque matin, des kilomètres pour aller chercher une quantité d’eau qui sera bien insuffisante pour la journée, pas pour se laver, mais pour survivre. Mon vase déborde quand Nicole raconte que les enfants l’entouraient constamment, pointant sa gourde d’eau, mendiant, avec les yeux remplis de supplication, cette eau que l’on gaspille ici à qui mieux-mieux, par pure inconscience.

Dans notre cage dorée moulinoise, nous ne sommes pas vraiment conscients de ce qu’est que vivre sans eau potable, être malade, voire mourir d’avoir été contraint de boire de l’eau contaminée pour survivre, comme c’est le cas pour des millions de gens. C’est vrai, la pauvreté existe ici aussi. Vrai, la misère dont je parle est loin de nous. Faux de dire qu’on ne peut rien faire. Nous pouvons soutenir les Sylvain Fillion, avec un organisme en règle, une Nicole Meunier, des Moulinois qu’on peut rejoindre facilement ou croiser dans la rue, qui se rendent directement sur le terrain de la misère et qui réussissent à améliorer les conditions de vie de ces gens, construisent des centres de santé, apportent des médicaments, des effets scolaires, et qui réussissent. Du concret, qui se rend au bon endroit, sans grosse bureaucratie, à l’abri de la corruption. Si on ne veut pas aller creuser des puits, on peut au moins aider ces gens à continuer à réussir en faisant un don. Et, à tout le moins, ayons la décence d’arrêter sur-le-champ de gaspiller l’eau.

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