Laurent Lévesque, en bordure des terres humides dans le nord-ouest de Terrebonne. (Photo :Yves Ranger)
Les terres humides de l’ancien champ de tir de la Défense nationale méritent d'être protégées
Selon un rapport commandé par le gouvernement fédéral
Le Comité Environnement les Moulins (CEM) a rencontré le Trait d'Union pour commenter le rapport encore tout chaud sur l'inventaire du site de l’ancien champ de tir de la Défense nationale, commandé par le gouvernement canadien.
Il s'agit du site visé par le projet de construction d'un échangeur sur l’autoroute 640, dans l'ouest de Terrebonne. La Ville projette aussi d’instaurer la Cité industrielle dans le secteur. Selon Laurent Lévesque du CEM, il suffit de lire le dernier paragraphe du rapport pour comprendre l’urgence de protéger intégralement ces milieux. «La conclusion du rapport sur la valeur globale de ce terrain à la firme Foramec, une division de SNC-Lavalin , se lit comme suit: «Pour toutes ces raisons, il s’avère que les terres humides de l’ancien champ de tir St-Maurice avec une zone tampon adéquate méritent grandement d’être protégées pour assurer la pérennité de ces habitats et de la faune présente».
«Ce rapport met en évidence de nombreuses réalités que nous avions soulevées dans notre mémoire de juin. Il confirme chacun de nos dires et donne un sérieux coup de pouce au processus d’évaluation environnementale en cours», avance le vice-président du CEM. Laurent Lévesque rappelle qu’à l’automne dernier, la Ville de Terrebonne déposait son projet d’échangeur devant donner accès à la future Cité industrielle de Terrebonne. Celui-ci est qualifié de controversé par notre interlocuteur. «Selon les plans proposés par la Ville, l’échangeur futur empièterait effectivement dans plusieurs des éléments écologiques majeurs caractéristiques de ces terres qui demeurent propriété du gouvernement fédéral. En conformité avec la Loi Canadienne sur l’Évaluation Environnementale, le gouvernement fédéral a procédé à une évaluation des impacts environnementaux du projet avec l’apport de plusieurs groupes dont le CEM, Canards Illimités, Éco-Nature et Conservation de la Nature du Canada. L’évaluation vise statuer sur la faisabilité du projet dans le respect des lois canadiennes applicables sur les terres fédérales».
Le vice-président du CEM souligne que ce rapport explique entre autres que les tourbières sont «une ressource naturelle d’intérêt régional qui présentent un fort potentiel d’éducation et de sensibilisation», mettant l’accent sur le fait que le site est le «complexe de tourbières d’importance le plus rapproché de Montréal». Le rapport de Foramec dit que «la zone d’étude semble représenter un des derniers endroits où l’on retrouve une faune si diversifiée dans le couronne nord de Montréal». Relativement aux habitats fauniques du site, le rapport indique qu’ils «comportent plusieurs éléments spécifiques d’intérêt, dont de nombreux habitats du poisson, des habitats de la grande faune, habitats d’espèces à statut précaire et un site de ponte de tortues». Laurent Lévesque note que le rapport indique que les terres humides du site «possèdent d’importantes fonctions hydrologiques, d’habitat terrestre et aquatique, écologiques, des valeurs sociales et culturelles, esthétiques récréatives et d'éducation».
Le CEM espère que la Ville de Terrebonne tiendra compte de ce rapport et qu’elle fasse de l’un de ces derniers sites aussi riches du Grand Montréal un site d’interprétation accessible à la population. «La Ville rayonnerait à l’échelle métropolitain en protégeant et maintenant ce site tel qu’il est, tout comme celui plus au nord, jusqu’à la forêt, un site qui présente un potentiel de conservation cinq fois plus élevé que le parc du Grand Coteau de Mascouche qui déjà, est une réalisation d’envergure». Considérant que Terrebonne est la ville qui possède le plus d’espaces libres, le CEM est à préparer un projet visant la création de la Cité industrielle sur un autre site, projet qu’il proposera à la Ville à l’automne.