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La femme derrière la notoriété incontestable du TVT

par Diane Legault
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Article mis en ligne le 24 avril 2008 à 15:56
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La femme derrière la notoriété incontestable du TVT
La femme derrière la notoriété incontestable du TVT
Kevin Parent et Nicola Ciccone affirmaient récemment sur les ondes des grandes chaînes télévisées, que le Théâtre du Vieux-Terrebonne (TVT) était leur salle préférée. Tout comme France d’Amour, plusieurs artistes encensent Terrebonne, depuis plusieurs années. Derrière cette notoriété incontestable, il y a une femme : Suzanne Aubin.
Cet amour bien senti de la communauté artistique québécoise, voire d’outre-mer, et toute leur équipe technique pour Terrebonne s’est bâtie certes au fil des quatre années d’existence du Théâtre du Vieux-Terrebonne actuel. Mais son origine remonte à 19 ans, du temps des premiers balbutiements de l’ancien petit Théâtre du Vieux-Terrebonne qui était situé juste de l’autre côté de la rue. «J’étais alors mère au foyer après avoir été enseignante en musique. Mes enfants étant plus vieux, je voulais faire du bénévolat dans l’Iles-des-Moulins. Jean-Luc Labrecque m’a offert de faire partie du conseil d’administration qui était formé en vue de faire un théâtre danse l’ancien cinéma de ma belle-mère, construit en 1947. Je ne savais même pas ce qu’était un conseil d’administration», lance la musicienne qui a aussi chanté pendant plusieurs années dans des opérettes, chorales, comédies musicales et opéras. «Au sein de ce groupe présidé par André Shatskoff, je représentais, avec Robert Marien, le secteur artistique. Je ne disais rien à l’époque, sauf quand on parlait des artistes, puisque je ne connaissais rien aux autres responsabilités du conseil», d’avouer celle qui, pourtant, est reconnue pour ne pas avoir la langue dans sa poche. En 1989, elle se retrouve à la direction de la salle de 417 places, «encombrée par des colonnes de soutien et munie d’une scène trop petite», de dire celle qui a appris tous les rouages d’une salle de spectacle par elle-même, en s’informant auprès de membres du Réseau En Scène.
Une détermination à toute épreuve
La détermination de Suzanne Aubin a sans contredit permis à Terrebonne d’offrir une culture de qualité exceptionnelle aux Moulinois, dans leur patelin. «Nous présentions un spectacle professionnel par semaine. Le premier artiste a été Rock Voisine, que je ne connaissais même pas (pourtant très populaire à cette époque). Je n’avais aucune expérience dans le domaine et je n’avais aucune idée de la manière de négocier les contrats. Le producteur m’a dit : vous ne commencez pas par n’importe qui!». Puis, a suivi le passage à Terrebonne de la crème des artistes de la chanson et de l’humour, dont Michel Courtemanche. La directrice ne pouvait cependant pas accueillir plusieurs spectacles à cause des inconvénients de la salle, à sa grande déception. «Celle-ci a été rénovée et nous avons augmenté notre programmation. Le premier spectacle a été celui du Groupe Sanguin. Le conseil m’a toujours soutenu, surtout André Shatskoff. Il aimait ma façon d’éclater. Même si je pensais que les artistes ne voudraient pas venir ici, j’appelais et je négociais les prix, j’étais effrontée», dit à la blague cette femme d’une énergie inépuisable qui s’est donnée corps et âme pour le petit TVT et qui le fait tout autant pour le grand. La Terrebonnienne s’est toujours fiée à ce qui l’allumait, en tenant compte des goûts des gens de Terrebonne qu’elle connaissait bien, pour préparer les programmations.

Et le secret de cette notoriété du TVT au sein de la colonie artistique ? «L’accueil. On les recevait tellement bien. Les équipes techniques qui accompagnaient les artistes ont toujours dit : C’est pas drôle de venir ici, c’est tellement compliqué à cause de cette salle non adéquate. Mais on a tellement de plaisir ici qu’on a hâte de revenir». De plus, Suzanne Aubin ne manquait rien. Elle était présente à chaque lancement et chaque première des artistes, où qu’ils soient, et a toujours été présente au TVT : à chaque spectacle, elle allait voir les artistes avant leur entrée en scène. Suzanne Aubin, la passionnée, dit avoir un immense respect pour le travail des artistes et un amour inconditionnel pour eux.
Du petit au grand
En 1991, Suzanne Aubin, aidée de son fidèle bras droit depuis les tout débuts, Rolande Vachon, a pu présenter une programmation plus structurée et déjà, en 1991, le petit TVT est en nomination à l’ADISQ. En 1992, il recevait son premier Félix auquel se sont ajoutés de nombreux prix. Suzanne Aubin avoue qu’elle a craint que la chaleur du petit TVT ne se retrouve pas dans le grand qui a ouvert ses portes en 2004, celui dont elle rêvait depuis 11 ans. La chaleur a aussi déménagé.

Parmi ses plus beaux souvenirs, les trois représentations, avant même le Centre Bell, du retour de Beau Dommage présenté au petit TVT. J’ai dû soudoyer le producteur qui ne voulait pas. Il m’avait dit : «C’est trop gros, vous êtes trop petite». Parmi les autres : «Michel Le Grand, Gilles Vigneault, Serge Lama, des moments de théâtre inoubliables, le premier spectacle professionnel de Lise Dion qui a été présenté à Terrebonne, celui de Rachid Badouri qui m’a remerciée d’avoir cru en lui». Suzanne Aubin aura aussi élargi les intérêts culturels des gens de la région, en maintenant dans la programmation du théâtre de création, de la danse, du jazz, de la musique classique et autres. Elle défend depuis plusieurs années le théâtre Jeune Public, malgré les embûches, faisant du TVT le plus grand diffuseur à ce niveau.

Voilà la recette de la réussite de Suzanne Aubin, qui permet aujourd’hui au TVT d’être à la fois le diffuseur de 345 spectacles par année, de faire de la production de théâtre d’été avec Benoît Brière (le seul théâtre multidisciplinaire à produire), et tout dernièrement, le producteur d’une tournée provinciale qui pourrait compter jusqu’à 44 représentations (Ténor recherché) et qui, peut-être, laisse échapper notre personnalité, pourrait se retrouver en France. «Ma plus belle récompense est de vivre dans la création et de voir les gens heureux dans la salle, de leur donner du bonheur», conclut-elle.

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