Claude Legault débarque dans un cinéma près de chez vous
Alors que Flavien Bouchard reprend du service à bord du vaisseau Romano Fafard à la conquête de galaxies lointaines, le scénariste et comédien Claude Legault aborde sa mission avec une grande humilité.
En pleine tournée promotionnelle depuis deux semaines, Claude Legault et l'équipe de Dans une galaxie près de chez vous 2 ont envahi les salles de cinéma du Québec, depuis vendredi.
L’avant-première du film, lundi dernier, a donné lieu à une sortie remarquée des acteurs sur le tapis rouge devant des centaines d’admirateurs. «C’était une belle folie, un retour fantastique. Nous avons vraiment fait le party avec les fans», raconte Claude Legault.
Quatre ans après la sortie du premier film, Dans une galaxie près de chez vous 2 réunit les personnages de la série qui ont grandi au petit écran de 1998 à 2001. Nous ne nous attendions pas à un tel succès. Ce sont les jeunes qui en ont fait une série culte. Elle leur appartient et n’est plus seulement à nous, raconte le scénariste.
Les «Duggies»(les fans) y retrouveront leurs héros dans leurs aventures intergalactiques à la recherche d’une planète habitable pour les Terriens. Cette fois, la mission de l’équipage du vaisseau Romano Fafard est écourtée par la perte d’une de leurs sondes. Pour reprendre leur exploration, ils devront déjouer les ruses d’un peuple malveillant issu d’une galaxie voisine.
Toujours aussi loufoque et originale, l’intrigue de Dans une galaxie près de chez vous 2 a hérité de la réflexion dramatique des deux auteurs de la série Minuit, le soir Claude Legault et Pierre-Yves Bernard, qui supportaient les deux projets en même temps.
L’écriture de Minuit, le soir nous a fait grandir en tant qu’auteurs et humains. Même si le scénario demeure drôle et absurde, Dans une galaxie près de chez vous 2 n’est pas fleur bleue. Ce film véhicule une vision du monde qui est plus dure et plus sombre que le premier», explique Claude Legault.
En effet, la trame du film Dans une galaxie près de chez vous 2 réfère à une catastrophe écologique, en 2040, qui détruit la Terre à pas de géant. Prémonition? «Lorsque nous avons créé la série en 1994, la question environnementale était déjà à un point critique, mais le monde faisait la sourde d’oreilles. On se rend compte à quel point la situation a été mal gérée par les gouvernements. Il y a de plus en plus d’industries chimiques qui se développent et les puissances mondiales surproduisent sans vraiment se soucier de leur impact sur l’environnement. De plus, le message des écolos n’est pas pris au sérieux. La machine politique est corrompue à ce niveau», note Claude Legault, se révélant lui-même utopiste.
Toutefois, celui-ci rassure : le film s’adresse à tous les publics. «D'ailleurs, les jeunes sont souvent plus informés que les adultes sur ces sujets», ajoute-t-il.
Notant le succès de Dans une galaxie… auprès des jeunes, il remarque en parallèle tout le sérieux des films et séries de science-fiction qui ont marqué sa jeunesse, tels que 2001 Odyssée de l’Espace, Star Wars, Star Trek. «L’humour absurde a l’avantage de toucher un plus large public», commente-t-il. S’il pouvait se transformer en super héros, Claude Legault s'attribuerait le pouvoir de voler. «Pour espionner tout ce que les gouvernements font», lance-t-il. Plus sérieusement, le comédien voudrait avoir le pouvoir d'améliorer l'âme humaine. «J'éteindrais la «switch»de la méchanceté sur tout le monde. J'éliminerais l'empathie pour que personne ne manque d'amour. Pas seulement pour ceux qui en reçoivent peu, mais pour ceux qui ne savent pas en donner», philosophe-t-il.
Par l'engouement du public et la reconnaissance des pairs – il est récipiendaire de plusieurs prix en tant qu'auteur et acteur -, Claude Legault récolte énormément de succès. Comme lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle, dimanche dernier, cet homme a ouvert très brièvement les portes de son enfance qui, selon ses aveux, était loin d'être rose.
«Dans ma vie, ce qui a été le plus difficile, c'est d'avoir de l'affection pour moi-même. Même si j'ai toujours des démons à combattre, il est plus facile pour moi d'en parler à mes amis, aujourd'hui. Lorsqu'on veut s'exprimer, il y a toujours quelqu'un pour nous tendre la main. Je dis souvent aux jeunes de bouger. Ce n'est pas en restant chez soi, seul à se morfondre, qu'on peut changer les choses. Le mouvement crée le mouvement, le positif crée le positif», révèle Claude Legault.
Attentif aux problèmes des autres, celui-ci souligne la complicité qui existe entre les comédiens de «Dans une galaxie…»?, une amitié qui dure depuis plus de dix ans. «Sur le plateau de tournage, c'est le bonheur total. Nous sommes très empathiques l'un envers l'autre. On est tricoté serré. On a appris à s'apprécier. On s'aime vraiment et ça se transpose à l'écran. Tout ca donne lieu à un gros délire, parfois», révèle-t-il.
Outre ses rôles au cinéma, à la télévision et au théâtre, ainsi que joueur étoile de la Ligue nationale d'improvisation, humoriste et musicien à ses heures, Claude Legault a aiguisé sa plume à plusieurs projets depuis vingt ans. Passionné, l’auteur n’a jamais cessé d’écrire. «Je crois même que je suis arrivé au jeu par l’écriture», observe-t-il. Pour clore la trilogie de «Dans une galaxie…»verra-t-on le nom de Claude Legault comme réalisateur au générique? «Peut-être pour d’autres projets, mais pas pour celui-là. Je ne veux pas m'enlever le plaisir que j'ai à jouer les rôles de scénariste et d’acteur. Un chapeau de plus serait trop», affirme-t-il.