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Nick Von Zorn…pour ceux qui ne peuvent le faire

Article mis en ligne le 10 avril 2008 à 15:43
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Nick Von Zorn…pour ceux qui ne peuvent le faire
Nick Von Zorn…pour ceux qui ne peuvent le faire
Pour Nick Von Zorn, l’art peut être bien plus qu’un outil d’expression personnel. Il peut aussi être une voix pour lancer un cri au nom de ceux qui ne peuvent pas le faire. S’il remporte le Défi Clip auquel il s’est inscrit, il a bien l’intention de faire savoir à tous que les passages obligés mènent aussi vers la victoire.
Sa victoire à lui, c’est une vie normale, le début d’un baccalauréat en communication et politique. Plus tard, ce sera un poste de professeur d’histoire. À travers cela, un militantisme politique bien concret, comme quoi, il ne faut pas avoir peur de défendre ses idées. Car, il en a des idées.

Pourtant, la vie de ce jeune repentignois d’adoption de 23 ans s’est fracturée à 11 ans par un passage obligé de cinq années en centre d’accueil. Il les a tous fait. Ou presque. Boscoville, Huberdeau, et un dernier, celui de la réinsertion en appartement, à Repentigny.

Triste parcours? Nick n’en est pas amer. Au contraire. Pour lui, les centres d’accueil se sont révélé sa planche de salut. Trois ans après la mort de son père, le jeune Nicolas était révolté, antisocial, prêt à n’importe laquelle bêtise. Une délinquance sur le point d’exploser. C’est lui qui le dit. À onze, on lui faisait prendre la route des centres d’accueil. « Il y a des enfants qui ont besoin d’autorité », pense Nick. C’était son cas. Aujourd’hui, il remercie les éducateurs de lui avoir remis les idées en place. « La DPJ et la LJC (Loi des jeunes contrevenants) sont des maux nécessaires. Ils ont forgé mon caractère pour en faire une force dont je suis très fier, aujourd’hui. »

Malgré ce qu’en dit Paul Arcand dans son documentaire, Nick lui est convaincu que la méthode des centres d’accueil fonctionne. C’est la méthode douce, à ses yeux. Ailleurs, dans le reste du Canada, c’est l’approche coercitive, au Québec, on mise sur la réinsertion. « Je ne dis pas qu’il a tort mais il rapporte une partie de la réalité. T’es pas un rescapé d’un organisme qui essaie de t’aider. Les éducateurs en centres d’accueil devraient être canonisés », affirme Nick, convaincu d’avoir reçu l’aide dont il avait besoin.

C’est pourquoi, il aimerait bien faire connaître sa chanson « L’après centre d’accueil », un texte qui raconte son parcours et sa reprise en main. Aujourd’hui, lorsqu’il entre dans un centre d’accueil, c’est pour livrer son témoignage et dire aux jeunes que l’avenir est ouvert à tous.

Peut-être a-t-il rencontré les bonnes personnes au bon moment. Il a terminé son secondaire au Centre La Croisée, un centre de formation professionnel axé sur la musique. Il en sortira avec deux chansons portant sa signature. Ensuite, ce sera le cégep de L’Assomption. Un point tournant. D’abord la grève de 2005 qui lui offre une formidable occasion de mettre toute son énergie dans une lutte constructive. Puis, une rencontre. Un député bloquiste du nom de Benoit Sauvageau. La simplicité du politicien le touche, sa volonté politique l’impressionne. Il vient de comprendre que l’engagement politique est une voie permettant de faire bouger réellement les choses. Lorsqu’il appelle le député Sauvageau, ce dernier n’hésite pas à lui référer des lectures. Il le voit agir plein de bonne volonté. Sauvageau deviendra même un modèle à ses yeux. Sa mort touchera énormément Nick qui fera une carte géante que signeront tous les dignitaires présents à la cérémonie funéraire.

L’an dernier, il a participé aux travaux étudiants de l’Assemblée nationale. Il s’active. C’est un besoin très fort chez lui, tout comme la musique. Pour lui, la musique c’est : « tout ce que l’humanité a de plus beau. C’est un exutoire, une poésie, une libération, une expression. »

Pour Nick, la technologie apporte une accessibilité à tous d’approcher la musique même sans formation directe. Sur son ordinateur, il compose des symphonies. Il s’exprime. Il a créé son propre site : www.nickvonzorn.com

La quête de la liberté n’est qu’un début pour Nick Vonzorn. En attendant, il aimerait que de milliers de jeunes contrevenants entendent sa chanson et comprennent comme lui qu’il y a « L’après centre d’accueil ».
Nick Von Zorn.

(Photo :Roger Lacoste)

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