(Photo : Yves Ranger)
Des mains qui bercent l’enfance
Secteur en pleine croissance sur le plan démographique, La Plaine peut compter sur les initiatives du Calinois pour permettre aux familles de s’épanouir davantage au sein de leur communauté.
Créé il y a trois ans par la Fondation Lucie et André Chagnon, par le biais du projet Québec Enfants, le Calinois regroupe des partenaires locaux concernés par le développement des enfants de la grossesse à l'âge de 5 ans, ainsi que par le soutien à leur famille. Par la création d’un plan d’action, le Calinois vise, entre autres, à favoriser la réussite scolaire des jeunes, un pilier essentiel à la prévention de la pauvreté et de la maladie.
Au printemps 2007, le Calinois a concrétisé ses intentions en mettant sur pied des activités gratuites, dont un atelier de cuisine pour les femmes enceintes, un atelier de stimulation parents-enfants de 0 à 24 mois, ainsi que, plus récemment, l’activité "Viens jouer le samedi" pour les familles d’enfants de 3 à 5 ans. Pendant les activités, un service de garde sur place pour les plus petits et un service de transport, sur demande, sont offerts sans frais. Quelque 97 familles de La Plaine ont répondu à l’appel lancé par le Calinois, depuis un an.
«Le Calinois crée des moments de rencontres privilégiés qui permettent non seulement de favoriser la réussite scolaire chez les jeunes, mais également de briser l’isolement, de former des liens entre les citoyens et de créer un sentiment d’appartenance à la communauté», mentionne l’agente de développement pour Québec Enfants, Julie Meloche.
Une approche valorisante
Le secteur de La Plaine a connu un nombre croissant de naissances, passant de 150 en 2004 à 250 en 2006. Par ailleurs, plusieurs jeunes familles y ont mentionné l'absence d'activités ou de services touchant les jeunes enfants, surtout les moins de trois ans. En réalité, elles doivent parcourir parfois jusqu'à 30 km pour atteindre la majorité des organismes de Terrebonne et des environs. De ce fait, le Calinois vise à rejoindre un bassin de plus de 1 300 enfants d’âge préscolaire et leur famille. «Les familles de La Plaine ne peuvent pas toujours se prévaloir des services qu'offrent les organismes de la région pour des raisons physiques et même socioéconomiques», explique Julie Meloche.
Selon une étude réalisée en partenariat avec le ministère de l’Éducation, les élèves de la maternelle qui proviennent d’un milieu défavorisé sont plus sujets à des échecs scolaires, d’où l’importance d’intervenir tôt dans la vie des enfants sur le plan des habiletés cognitives et socioaffectives. Par ailleurs, le taux de décrochage augmente. Les statistiques démontrent que les écoles du secteur La Plaine présentent des indices de faible revenu et d’un milieu socioéconomique défavorisé parmi les plus élevés de la Commission scolaire des Affluents, tant au niveau du primaire que du secondaire. Privilégiant la clientèle préscolaire, le Calinois souhaite faire la différence à court terme dans la vie des familles. «Ce sont des préoccupations qui ont fait le poids dans l’élaboration des projets du Calinois. Nous espérons, d’ici trois ans, constater un changement en milieu scolaire», ajoute Julie Meloche.
Expertises mises en commun
La mission du Calinois est d’introduire une vision positive de l’avenir au sein des familles. «Un de nos objectifs est d’offrir des services stratégiques aux familles que d’autres organismes n’arrivent pas à rejoindre afin de répondre à leurs besoins», explique Carolyne St-Pierre, agente de milieu impliquée à temps plein au sein du Calinois. Lors de certaines activités, des personnes-ressources échangent avec les participants sur des thèmes reliés à l’alimentation, à la dynamique familiale, à l’éducation parentale et scolaire, aux services offerts dans certains contextes de vie, comme la toxicomanie, afin de les supporter et de les éclairer dans leur cheminement.
«La clientèle à risque est priorisée dans l’approche du Calinois, mais elle n’est pas exclusive», précise Julie Meloche. Toutefois, le Comité d’action local de La Plaine n’a pas la prétention de sauver le monde puisqu’il agit en complémentarité avec les autres ressources du milieu. «Il peut être nécessaire de référer certains cas auprès d’organismes qui ont l’expertise dans la gestion de certaines problématiques», ajoute Carolyne St-Pierre
En plus de la participation financière de la Fondation Lucie et André Chagnon dans la réalisation des activités, la contribution des partenaires du Comité d’action local de La Plaine se traduit par l’implication de ressources humaines, de locaux, le don de ressources matérielles ainsi que la gestion administrative du plan d’action. «Un de nos plus grands défis concerne la question de l’organisation. Par chance, les partenaires sont là pour nous aider à offrir adéquatement nos services», souligne Carolyne St-Pierre.