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Le Trait d'Union
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D’une arme à l’autre

Article mis en ligne le 28 février 2008 à 16:53
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D’une arme à l’autre
Une manchette publiée dans La Presse le 9 février dernier a frappé mon imagination. En 36 heures, les États-Unis avaient été le théâtre de quatre fusillades en Californie, en Ohio, au Missouri et en Louisiane.
Dans ce pays, où le droit de porter une arme est garanti par la Constitution, ces crimes avaient fait 12 victimes : deux étudiantes, une enseignante, trois policiers, trois conseillers municipaux et trois membres d’une même famille.

Au Québec aussi, nous avons des droits. Ici aussi, la majorité des citoyens ont accès à une arme très dangereuse sans trop de vérification, et j’ai nommé l’automobile.
Agressivité galopante
Je ne sais pas si c’est parce que je vieillis, mais j’ai l’impression que les gens sont de plus en plus agressifs derrière le volant.

Je sais, je sais, la SQ s’est récemment vantée d’avoir freiné la tendance haussière du nombre d’accidents graves sur les routes québécoises, mais je ne parle pas de statistiques, je vous parle de faits vécus… régulièrement.

À mon avis, l’insouciance des chauffards vient en partie du fait qu’ils sont de plus en plus pressés et impatients, et qu’ils se sentent à l’abri dans leur cage d’acier. Pour certains, les autoroutes sont devenues des pistes de course où chaque seconde gagnée est une question de vie ou de mort (ou le contraire ?).

Ils, surtout les hommes, roulent à 140 km/h, ils te collent au derrière jusqu’à ce que tu puisses percevoir la couleur de leurs yeux, ils dépassent par la droite, ils coupent à un mètre de votre pare-choc, et tout ça, pour gagner à peine une minute sur un trajet de plusieurs dizaines de kilomètres. Et je ne parle même pas des ravages de l’alcool au volant.

Si vous voulez vraiment des statistiques, en voilà une qui prouve bien que l’automobile peut devenir une arme mortelle, même dans les mains du plus honnête des citoyens. Selon la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), « plus de 80% des accidents de la route sont causés par des comportements à risque de la part des usagers ».
Lourd bilan routier

Ce qui est triste dans tout cela, c’est que la manchette de La Presse ressemble étrangement aux bilans routiers que nos journaux nationaux ont l’habitude de publier au lendemain de chaque long congé férié.

On aime haïr les États-Unis et traiter son peuple de violent, mais la vérité c’est que les routes du Québec font plus de morts que le nombre de victimes d’homicide à Los Angeles, une ville de près de quatre millions d’habitants. En 2006, 717 personnes sont mortes sur les routes du Québec (sans compter les 3 714 blessées graves), alors qu’à Los Angeles, réputée comme très violente, il s’est commis 480 homicides.

Pensez-y, nous sommes horrifiés devant une tuerie comme celle de Dawson, ce qui est tout à fait normal, mais nous sommes devenus presque indifférents quand les médias nous rapportent un « lourd bilan routier » qui fait une quinzaine de victimes, comme ce fût le cas lors de la Fête du Canada en 2006.

Bien sûr, il faut demeurer responsable face aux armes à feu, mais il faut aussi que les gens prennent conscience de l’ampleur des responsabilités qui leur incombent quand ils prennent le volant.

Mal utilisée, une automobile devient rapidement une arme qui gâche encore trop de vies; celle des victimes, celle des chauffards et celle de tous leurs proches.
Questionnaire
Je vous invite à remplir le questionnaire ci-bas. Un exercice très instructif touchant la sécurité routière, qui a été publié dans le journal de mars et avril 2007 de l’Association des employées et employés du gouvernement du Québec (AEGQ).



Éric Ladouceur

Direction de l'information

Le Trait d'Union
Des statistiques inquiétantes
Chez les jeunes de 15 à 24 ans, la route fait autant de victimes que le suicide (32 % et 30 % des décès). Pour les 15 à 19 ans, c'est encore plus marqué, ces taux étant respectivement de 37 % et de 31 %.

En 2006, les jeunes conducteurs de 16 à 24 ans représentaient 24 % des conducteurs impliqués dans un accident avec blessés alors qu'ils ne représentaient que 10 % des titulaires de permis de conduire.

En 2006, parmi les jeunes conducteurs impliqués dans un accident avec dommages corporels : 240 ont été impliqués dans un accident avec décès et 1 102 ont été impliqués dans un accident avec blessés graves. (Source : MTQ)

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