La Conquête pèse encore lourd sur le Québec

Jean Numa
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Jean Dorion évoque ses conséquences lors d’un brunch à Terrebonne

député de Longueuil—Pierre-Boucher formé en sociologie, Jean Dorion est aussi un grand «amateur d’histoire». «Pour comprendre la société actuelle, il faut comprendre les antécédents», dit-il en entrevue au Trait d’Union lors de son passage au Club de Golf de Terrebonne dimanche dernier.

La Conquête pèse encore lourd sur le Québec

Le député Dorion présentait sa 24e conférence : «La Conquête et ses conséquences de 1759 à aujourd’hui» devant une cinquantaine de participants à un brunch. Il doit en présenter trois autres à travers le Québec en prélude au 250e anniversaire de la prise de Québec de septembre 1759 et de Montréal l’année suivante.

Lors de la première partie, «L’empire français des Amériques», Jean Dorion passe en revue l’économie de cet empire basée sur le commerce de fourrure et qui s’étendait de la Louisiane jusqu’au Manitoba en passant par les Grands Lacs. Il aborde ensuite les modèles de gouvernements ainsi que sa population.

En deuxième partie, il aborde la Conquête, notamment les batailles décisives : les Plaines d’Abraham avec la capitulation de Québec ainsi que la mort des deux généraux rivaux,Wolfe et Montcalm, en plus de la Bataille de Sainte-Foy qui aura été fatale pour les Anglais.

Décapitation sociale

La dernière et troisième partie de la conférence aborde les conséquences de la Conquête pour le Québec. D’abord un impact démographique avec une chute de population de 51% entre 1755 à 1762 en plus d’autres conséquences d’ordre psychologique, linguistique, mais surtout socio-économique.

Citant Maurice Séguin et Michel Brunet il parle de «la décapitation sociale de la société conquise». Il s’agit pour les sociologues du remplacement de l’élite économique francophone (canadienne ou française), par une élite anglaise, qui va rester étrangère à la langue et à la culture du pays.

Jean Dorion évoque enfin l’impact politique de la Conquête jusqu’à aujourd’hui. Même s’il y a eu des transformations, des évolutions ou des modifications dans le système qui régit le Québec dans le Canada, le député croit que «les grands paramètres sont toujours les mêmes au fond. On est devenu une minorité dans le nouveau système».

Le grand empire de la Nouvelle-France est réduit à une province : le Québec. Il s’agit pour Jean Dorion de l’une des plus graves conséquences de la Conquête. Voilà pourquoi le député estime que les Québécois devraient profiter de ce 250e anniversaire de la bataille des Plaines d’Abraham «pour réfléchir davantage sur la situation collective de notre peuple et sur la seule façon possible de la corriger : l’accession du Québec au statut d’État souverain, libre et indépendant.»

La non-application par le Canada de la Charte de la langue française dans les entreprises sous sa juridiction au Québec, l’imposition du multiculturalisme canadien aux dépens de modèle québécois d’interculturalisme sont d’autres conséquences relevées par le sociologue. «Il y a un lien très étroit entre le combat pour l’indépendance du Québec et la situation du peuple québécois depuis la Conquête», estime le député de Longueuil—Pierre-Boucher en entrevue au journal.

Organisations: Canada de la Charte

Lieux géographiques: Québec, Terrebonne, Plaines d’Abraham Montréal Amériques Louisiane Manitoba Lacs Montcalm Canada Nouvelle-France

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  • Claude Jean
    27 mai 2010 - 09:08

    Le 250e anniversaire de la Victoire Française à Sainte-Foy, le 28 avril 1760. Je me souviens! La seconde bataille des plaines d’Abraham! Citation du chevalier de Lévis : « Nos espoirs sont élevés. Notre foi dans les gens est grande. Notre courage est fort. Et nos rêves pour ce magnifique pays ne mourront jamais. » En espérant que cette citation saura vous inspirez pour commémorer la Victoire Française de Ste-Foy le 28 avril 2010. Rappelons-nous cette Victoire des troupes de terre Française, des compagnies franches de la marine, des miliciens, avec le support des amérindiens, remportée à Ste-Foy, sous le commandement du chevalier de Lévis. Pour leur bravoure et leur attachement pour leur nation, qui était notre en 1760. Rendons hommage aux combattants de 1760, qui ont combattus pour leur nation, leur langue et leur culture française et perpétuons leurs mémoires. Il faut se souvenir de notre histoire nationale qui marque et marquera encore notre société distincte en Amérique. Pour rendre hommage aux braves de 1760, récupérons notre patrimoine, rapatrions les armoiries royales de France, les armoiries de Québec, sur le sol du berceau de la Nouvelle-France. Honneur aux braves de 1760 sous les ordres du chevalier de Lévis, vainqueurs de la seconde bataille des plaines d’Abraham, à Ste-Foy, le 28 avril 1760. Soldat Sanspareil 2ème bataillon du régiment de la Sarre Vive le Roy! http://www.regimentdelasarre.ca http://www.tagtele.com/videos/voir/46581 http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-rapatriement-des-armoiries-royales-de-france.qc Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité.