La semaine dernière, en discutant avec une collègue, nous disions combien nous avons hâte de voir finir cette année qui a apporté son lot de problèmes et de tracas. Puis j'ai dit : «Je ne veux même plus en parler».
Et c'est vrai, ou presque ! La vie m'a donné tous les coups possibles ; nommez-les, je les ai reçus. Après mon divorce en 2005, tout ce dont je rêvais, c'était quelques années de paix, assorties d'un peu de…paix !
Mais voilà, la vie m'en réservait une autre. Avril se termine sur le décès de mon fils. Le décès d'un enfant, ce n'est pas une peine, c'est une douleur. Une douleur qui...fait mal ! Une douleur qui nous habite constamment, qui nous hante, qui remet toute une vie en question.
Pourquoi ?
La douleur est devenue tellement intense qu'à un moment, j'ai même cru que j'irais rejoindre mon gars.
Ce n'est pas normal qu'un enfant meurt avant ses parents. La machine s'est détraquée. Il y a quelque chose qui fonctionne mal. Une erreur s'est produite. Le responsable de la vie s'est trompé de cible. Réveillez-vous s.v.p. Refaites votre travail et redonnez-moi mon gars.
Alors que la vie n'a plus aucun sens, aucun intérêt, arrive une bouée de sauvetage inattendue. Une pure étrangère se pointe, s'installe tout doucement dans votre vie. D'abord ce sont des paroles de sympathie, de la douceur, une présence, de la tendresse. Puis, elle devient la lueur, le support, la sécurité, l'indispensable. Lentement, cette étrangère vous ramène à la vie; elle ne demande rien. Elle sait, elle sent ! Elle veut prendre une place dans ce grand cafouillage, dans ce désastre. Sans rien demander, juste une petite place et du temps, un espace, un point d'encrage. Elle a tant à offrir. Elle n'est pas pressée, elle a cette patience qui impatiente presque. Elle arrive, forte, avec son bagage de vie, sa famille, sa solidité, du temps, le goût d'une relation stable et, surtout, un tout nouveau bébé de sa fille, une vie qui débute, un espoir en la vie qu'elle s'offre à partager. Soudain, les parents me mettent ce petit être tout chaud dans mes bras, signe d'acceptation, sans se douter de tout le bien qu'ils viennent de faire à un inconnu, du réconfort qu'ils lui apportent. …prendre un enfant pour le sien» (Prendre un enfant…Yves Duteuil).




