L’Internet, sécuritaire pour vos enfants ?



Julie Horn, consultante en sécurité humaine sur les médias sociaux. Photo: Julie Horn

Julie Horn, consultante en sécurité humaine sur les médias sociaux. Photo: Julie Horn

Publié le 1 Août 2010
Publié le 1 Août 2010
Corinne Guimont  RSS Feed

Internet fait désormais partie de la vie de plusieurs familles québécoises. La banlieue que représente Terrebonne/Mascouche n’y échappe pas puisque cette dernière attire un bon nombre de famille et voit ainsi le nombre de jeunes sur son territoire augmenter. Qui dit jeunes, dit souvent intérêt pour les nouvelles technologies.

Sujets :
Site Internet de Julie Horn

Étant plus à l’aise que leurs parents, les jeunes naviguent sur Internet beaucoup plus facilement et rapidement. Curieux et souvent à l’affut de la dernière mode technologique, ils représentent une part de marché intéressante pour les entreprises du web puisqu’ils sont très présents, particulièrement dans les médias sociaux.  

Dans les dernières années, on a pu voir plusieurs sites se spécialiser pour une clientèle « jeune » et l’avènement des réseaux sociaux a considérablement augmenté leur présence et surtout leur utilisation du web. La nouveauté qu’ont apportée les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, My Space, Flickr ou les blogues, c’est qu’on ne se retrouve plus devant des pages web statiques, mais plutôt devant une technologie permettant une intervention rapide et en temps réel. On parle désormais d’interaction humaine dont l’Internet et les programmes ne sont que les supports. C’est ce qu’explique Madame Julie Horn, consultante en sécurité humaine sur les médias sociaux, en ajoutant que désormais tout le monde peut écrire sur n’importe quel sujet.

Nous avons demandé à Madame Horn qu’est-ce que les jeunes trouvent d’intéressant sur les réseaux sociaux : « Les jeunes veulent aller sur les applications populaires et ils sont souvent attirés par les interdits. » En effet, il faut savoir que des applications telles que Facebook demandent à ce que vous soyez majeur. C’est ce qui est écrit dans les conditions d’utilisation, lues rarement, que vous acceptez lorsque vous ouvrez un compte. Au-delà de ça, Julie Horn avance que les jeunes de 11 à 17 ans ont tendance à être très curieux et se posent des questions sur des sujets qui sont parfois tabous. L’Internet leur sert souvent de réponse et ainsi, ils peuvent se retrouver sur des sites, dirons-nous, discutables. Elle précise qu’Internet est une source magnifique d’information, mais « on y retrouve le meilleur comme le pire ! ».

À ce moment-ci, peut-on croire qu’Internet est sécuritaire et surtout quels sont les risques rattachés à son utilisation par les jeunes ? Tout d’abord, Madame Horn nous précise que dans les sites spécialisés pour les jeunes, le plus grand risque provient de la modération. Cette dernière servant à éliminer les messages ne respectant pas les règles d’utilisation, que ce soit au niveau du respect entre utilisateurs ou l’élimination de propos déplacés. La plupart des « chats », forums ou blogues utilisent des modérateurs qui se classent sous trois types : le modérateur humain (une personne désignée), le modérateur informatique (logiciel) ou le modérateur qui provient des utilisateurs. Ce dernier est le plus souvent utilisé, car il n’engendre pas de coûts supplémentaires. Ce sont donc les utilisateurs qui font des plaintes et ainsi porte l’attention de l’administrateur du site vers les messages problématiques. C’est d’ailleurs la méthode utilisée sur Twitter ou YouTube. Le problème, comme le souligne Madame Horn, c’est aussi de cette façon qu’on modère plusieurs sites pour les jeunes. Ce sont donc eux qui se retrouvent avec cette responsabilité et ils ont davantage tendance à laisser passer des messages inappropriés. Lors de ses recherches, Madame Horn a constaté qu’on retrouvait davantage de contenus à risque sur ces sites, par exemple de la propagande haineuse (contre une ethnie ou une personne en particulier) ou glorifiant l’anorexie et même, des propos à teneur sexuels. Ce qui est inquiétant, explique Madame Horn, c’est qu’il est facile pour le cyberprédateur sexuel de cibler ce genre de site et d’utiliser une fausse identité. Ils peuvent ainsi se faire passer pour un enfant, obtenir des photos, des renseignements et réussir à convaincre les jeunes, de 5 à 17 ans, que certaines pratiques sexuelles sont normales, par exemple. Ils vont même jusqu’à proposer des images, des bandes dessinées ou des jeux à caractère sexuel afin de démontrer que ce qu’ils proposent est correct, naturel et bienfaisant.

Les cyberprédateurs sont malheureusement bien réels sur le web et ils peuvent prendre plusieurs formes du pédophile au recruteur de gang de rue ou celui de groupes incitant à commettre des délits et même une personne qui pratique le vol d’identité, le chantage jusqu’à la traite humaine. « Ce sont des personnes malveillantes qui utilisent Internet pour obtenir des choses illégales ou à la limite de la légalité » précise la consultante. Bien souvent ils vont cibler les personnes qui sont plus aisément manipulables, facile d’approche ou moins méfiante, c’est souvent le cas des enfants et des adolescents.

Ce qu’il est important de savoir, insiste Julie Horn, c’est que nous laissons beaucoup d’information derrière nous, particulièrement sur les réseaux sociaux. On croit à tort qu’échanger des informations personnelles sur le web avec nos « amis » est sécuritaire. On a déjà entendu parler d’éviter de divulguer son numéro de téléphone, mais cela va plus loin que cela. Selon Madame Horn, on devient plus facile à retracer lorsqu’on diffuse nos photos, on utilise un pseudonyme avec notre nom à l’intérieur, qu’on mentionne à quel endroit nous sommes, quel resto nous fréquentons et dans quelle ville. Bien souvent les jeunes ne voient pas que donner ces renseignements peuvent avoir des conséquences. Julie Horn précise que le cyberprédateur n’est jamais pressé, son objectif est d’amasser de l’information et qu’il a tout son temps.

Il est évident qu’il faut, surtout en tant que parents, être vigilant et s’assurer que l’expérience des jeunes sur le web soit sécuritaire, mais aussi plaisante. Il n’est pas question de devenir paranoïaque, les avantages de l’Internet sont notables et intéressants. Madame Julie Horn a identifié des règles de base pour accompagner vos jeunes sur le web :

Pour vous aider dans votre rôle de guide sur Internet, voici quelques recommandations qui me semblent importantes:

  1. Toujours mettre l'ordinateur dans une pièce commune et passante;

  2. Les logiciels existent, mais les enfants apprennent rapidement. Il n'y a rien de mieux que les discussions parents-enfants;

  3. Mettre un mot de passe sur l'ordinateur pour les enfants plus jeunes lors de votre absence;

  4. Intéressez-vous à ce qu'ils font, à ce qu'ils regardent, à ce qu'ils recherchent sur les médias sociaux;

  5. Leurs blogues pourraient être l'occasion de vous rapprocher en les aidant à chercher des informations sur un sujet précis ou, du moins, à en discuter;

  6. Toujours débrancher sa webcam si vous ne l'utilisez pas. Si elle est intégrée dans l'ordinateur, je vous conseille de coller un morceau de papier dessus. Cela évitera que l'on vous voit si la webcam se fait pirater;

  7. Mettre une liste des sites spécialisés (notamment sur des sujets délicats qui pourraient les intéresser : drogue, sexualité, violence, anorexie, etc.) pour les enfants à leur vue, près ou dans l'ordinateur. Comme ça ils pourront la consulter au besoin. Cela évitera qu'ils cherchent les réponses aux mauvais endroits…

  8. Discutez des règles de sécurité de base sur Internet: Ne pas dire son nom ou celui de ses proches (soeur, frère, mère, père, etc.), ne pas donner d'adresse ou de numéro de téléphone, éviter de donner des indices sur le nom de son école ou les lieux que l'enfant fréquente (parcs, magasins, etc.), ne pas ouvrir de fichiers ou de webcam d'inconnus, ne pas donner son courriel (et surtout ses mots de passe!), ne pas envoyer de photo ni mettre sa photo en ligne, ne jamais mettre son nom comme surnom dans un forum ou un chat, ne jamais rencontrer les personnes connues sur l’Internet, si la rencontre a quand même lieu, s'assurer de la présence d'un parent et toujours faire les rencontres dans un lieu public » .

En plus, vous pouvez trouver sur le Site Internet de Julie Horn une liste des sites spécialisés pour la sécurité de vos enfants sous la rubrique « Publication » et « sécurité des jeunes » sur le www.juliehorn.ca

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