«J’ai fait un beau voyage et je dois maintenant attendre avant de ressentir les résultats réels», confirme la résidente de Terrebonne. Selon elle, il faut patienter environ six mois pour constater les véritables résultats de l’opération. L’intervention consistait à débloquer la veine jugulaire. En ce qui la concerne, il n’a pas été nécessaire de placer un « stent » (un tube métallique) pour empêcher la veine de se refermer. «Le chirurgien a d’ailleurs confirmé qu’il tente d’en installer le moins souvent possible», rapporte-t-elle. Par contre, Linda, sa copine de voyage, en a eu deux. Mme Rochon a rapporté le film de l’intervention sur disque afin de permettre aux intervenants d’ici de voir ce qui se fait. Cela permettrait de mieux comprendre l’intervention et, peut-être, de faire avancer les choses.
Des résultats
Elle raconte : «Dès le lendemain de l’intervention, mes spasmes et raideurs musculaires avaient presque tous disparu. Je peux maintenant m’assoir et me lever d’une chaise sans difficulté. Mes jambes ont plus de force musculaire.
Sept jours après l’intervention, mon bras et ma main droite, engourdis depuis 13 ans, retrouvent leur sensibilité et leur motricité, pas complètement, mais assez pour écrire avec mes deux mains sur le clavier, chose que je ne faisais plus depuis un moment. L’enflure au pied a beaucoup diminué. En marchant, mon pied droit lève un peu mieux et plus facilement. Je peux aussi parcourir une plus grande distance.» Elle entreprend maintenant une série de consultations et d’exercices avec un physiothérapeute afin de redonner de la force à ses muscles qu’elle n’utilisait plus. Ils se sont, naturellement, atrophiés au cours des années. Tout ça, associé à une nouvelle neurologue qui prend cette patiente en main, ne peuvent qu’aider Mme. Rochon, au moins psychologiquement, si ce n’est pas plus.
Prudence et espoirs
En novembre 2009, l’étude menée par le Dr Paolo Zamboni, un chercheur italien, sur l’insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique (ou IVCC), a fait la manchette dans le monde entier. Les résultats de cette étude ont suscité beaucoup d’espoir et d’enthousiasme au sein de la collectivité de la SP, qui a immédiatement lancé un appel à l’action immédiate. Le Dr Zamboni a pratiqué sa première intervention sur son épouse, alors atteinte de la maladie. Les résultats ont été extraordinaires dans son cas.
Partageant cet optimisme, la Société de la SP reconnaît que ce sujet d’étude ouvre de nouvelles pistes de recherche et pourrait mener à de nouveaux traitements de la SP. Louis Adam, directeur général de la Société de la Sclérose en plaques confirme : «On a le pied sur l’accélérateur ! Nous désirons servir rapidement les personnes atteintes. Nous avons créé un comité de spécialistes qui siégera d’ici la fin du mois d’août. De plus, nous avons invité les chercheurs à déposer des demandes de financement avant le 1er octobre à cet effet. Nous avons également fait des pressions auprès du gouvernement fédéral afin qu’il nous accorde une somme de 10 M$ pour aider au financement des recherches», nous informe M. Adam, bien conscient de tout l’espoir que créé la découverte du Dr Zamboni.
«Nous avons le pied sur l’accélérateur!» - Louis Adam, directeur général de la Société de la Sclérose en plaques
Cependant, même le Dr Zamboni concède que sa découverte a besoin de démonstrations et de rigueur avant d’être vraiment reconnue. «Dans le cas où les résultats seraient positifs, nous rendrons les traitements disponibles ici plutôt que de voir notre monde aller se faire soigner dans d’autres pays, à des coûts très élevés. Pour l’instant, nous attendons les démonstrations et nous espérons», conclut Louis Adam, qui insiste quand même pour suggérer d’abord de la prudence et de la patience.
