« Le lancer » et « le graissage de nain » sont des pratiques qui ont fait la une des médias au cours des derniers mois. « Aussi barbares soient-ils, les gestes envers les personnes de petite taille sont banalisés, les blagues à leur endroit sont autorisées (...) Pourtant, le nanisme est une condition médicale sérieuse », dénonce la plainte qui a été déposée par l'Association québécoise des personnes de petite taille (AQPPT) au Conseil de presse. Jean-François Boulais, vice-président de l'AQPPT et France Goulet, résidente de Terrebonne, toutes deux de petite taille, ont commenté les événements.
« Quand on présente des pratiques dégradantes de ce genre dans les médias, ça donne l'occasion à l'animateur de dépasser les bornes et d'émettre des commentaires désobligeants », accuse le vice-président, qui se réfère à l'intervention de Michel Laprise, animateur à RDS, qui a présenté un topo sur « le graissage de nain » en y allant de ce genre de propos. Une situation qui a été l'élément déclencheur de la plainte et qui a soulevé la grogne de l'AQPPT.
« Lorsqu'on entend parler des personnes de petite taille dans les médias, c'est dans le cadre d'activités de cirque ou d'événements loufoques, ce qui enlève du sérieux à notre condition », poursuit-il. Soulignons qu'un Anglais de petite taille, Martin Henderson, a été violemment attrapé et projeté à terre par un fan de rugby qui aurait tenté d'imiter le capitaine de l'équipe de rugby d'Angleterre qui participait à un concours de « lancer du nain », événement fort médiatisé.
La victime, M. Henderson, en est restée paralysée.
Les enfants, plus sensibilisés à la différence?
France Goulet, résidente de Terrebonne qui travaille à Repentigny, croit quant à elle que le genre de dénonciation que vient de mettre en place l'AQPPT par le biais de sa plainte est fondé. « Si on se tait et qu'on laisse passer ces situations, ça va aller jusqu'où? On ne peut pas être le dindon de la farce tout le temps! », s'insurge-t-elle.
Mme Goulet croit toutefois que les émissions de téléréalité qui sont diffusées depuis quelque temps sur des chaînes spécialisées créées une forme d'ouverture chez la population en général. « Dans ces émissions, on voit des familles de petite taille qui vivent au quotidien. Je m'en fais beaucoup parler de façon positive. »
Les enfants, particulièrement, s'intéressent à ce type d'émissions et « ne nous regardent plus avec pitié. (...) Ils sont plus sensibilisés aux différences », constate-t-elle. À quand une émission sur une famille de petite taille made in Quebec?, s'interroge la Terrebonnienne.

