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Sexy à 8 ans : une mode ou un problème?

Publié le 29 Septembre 2008
Publié le 26 Mai 2010

Le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, le Calacs La Chrysalide souhaite sensibiliser la population au phénomène de l’hypersexualisation des jeunes filles.

Du sexe dans les magazines, du sexe à la télévision, du sexe dans les publicités… le sexe est partout. Le sexe fait vendre et tout devient objet de consommation. L’enfance est une cible bien visible pour faire consommer et «être» consommée. L’hypersexualisation se manifeste par la sexualisation précoce des jeunes et ce qui est visible est souvent choquant tels que : l’habillement sexy et l’attitude de séduction des jeunes filles; la cyberpornographie et le cybersexe; les «fuckfriends» et le sexe oral comme rituel d’initiation etc. Dérangeant? Choquant? Mais pas étonnant dans un contexte où le modèle de femme qui est présenté aux jeunes filles est pratiquement toujours hypersexualisé et stéréotypé.

Le phénomène de l’hypersexualisation touche principalement les jeunes de 8 à 13 ans. Ces dernières représentent un grand pouvoir d’achat et ont la particularité d’être en quête d’identité. Les professionnels du marketing sont au courant et l’utilise pour assurer une fidélité des futures consommatrices et ancrer les rôles sexuels dans des stéréotypes. La stratégie de vente est de miser sur la sexualité comme moyen d’être maître d’elles c’est ce qu’on appelle le «girl power». En fait, nous assistons à un retour en force des stéréotypes sexuels, à une sexualisation précoce provoquée et réfléchie qui propose comme seul pouvoir : la séduction des hommes. Ainsi, nous apprenons davantage aux jeunes filles la soumission sexuelle et aux garçons à contrôler et dénigrer les femmes.

Des effets à long terme

Pour s’adapter aux modèles restreints de beauté plusieurs jeunes filles se mettent à la diète et certaines peuvent développer et souffrir de troubles alimentaires. Aussi, nous venons à oublier et banaliser l’importance d’une sexualité saine. Comme autre conséquence, les jeunes filles peuvent développer une estime de soi qui se construit à travers le regard des autres. Ceci amène nécessairement une dynamique de dépendance ainsi que de soumission. Finalement, pour ne nommer que ceux-là, le phénomène de l’hypersexualisation peut rendre les jeunes filles plus vulnérables aux agressions à caractère sexuel par le retour en force des stéréotypes.

Problématique sociale

L’hypersexualisation est clairement une problématique sociale à laquelle il faut s’attaquer. Nous tentons souvent de responsabiliser les familles face à ce phénomène, quoiqu’elles aient un rôle important à jouer, elles ne peuvent pas à elles seules renverser la tendance. C’est aux gouvernements, aux milieux de la santé, de l’éducation, aux médias, à l’industrie de la mode et de la publicité d’établir de nouvelles valeurs. Les jeunes doivent être accompagnés dans une incontournable réflexion sur l’affirmation de soi et sur leurs rapports aux autres en lien avec le respect de soi et l’intimité. ANOUK LAPORTE, INTERVENANTE AU CALACS LA CHRYSALIDE.

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