J’ai lu les revendications des parents qui réclament le droit d’exemption pour leur enfant à ce nouveau cours obligatoire d’Éthique et de Culture religieuse dans les écoles du Québec. J’ai suivi les audiences du procès intenté par une famille au Palais de justice de Drummondville. J’ai écouté les débats radiophoniques, parfois houleux, sur le sujet. Je ne peux toujours pas comprendre les parents qui font partie de la Coalition pour la Liberté en Éducation (CLÉ), qui refusent encore cet enseignement, sous prétexte qu’il porte atteinte à leur liberté de conscience et de religion. S’il ne s’agit pas d’un entêtement abusif de petits groupes d’intégristes qui cherchent à se multiplier en invoquant le droit des parents de choisir l’enseignement de leur enfant, je me demande ce que c’est…
Tous les arguments évoqués par les contestataires ne tiennent pas la route; de sorte que le juge Jean-Guy Dubois a clairement démontré dans sa décision de 43 pages que ce cours ne brimait aucunement la liberté de conscience et de religion des demandeurs, puisqu’il ne s’agit pas d’un cours de religion, mais bien d’un enseignement sur la culture religieuse qui a marqué le Québec depuis 400 ans et qui cherche, par tous les moyens, à s’ouvrir aux autres cultures qui font maintenant partie du paysage québécois, pour un mieux vivre ensemble. Qu’on le veuille ou non, l’enseignement religieux ne se fait plus à l’école et la transmission des valeurs religieuses de chacune des confessions appartient maintenant aux parents en co-responsabilité avec leurs communautés respectives. De plus, ces parents contestataires avaient déjà refusé ce nouveau cours avant qu’il ne soit dispensé dans nos écoles. Comment peut-on évaluer un programme sans d’abord l’avoir expérimenté?
Heureusement, la grande majorité des parents ont accueilli favorablement ce passage de l’enseignement religieux confessionnel au programme d’éthique et de culture religieuse. Par ailleurs, si la CLÉ continue de propager ses faussetés et ses demi-vérités, en utilisant des slogans : Non à la religion d’État ou Oui à la liberté de choix, il faudra bien définir ce qu’on entend par «liberté de choix»! S’agit-il d’un retour à l’enseignement confessionnel catholique? C’est sans doute ce que veulent les traditionalistes catholiques! Cherche-t-on à interdire toute référence religieuse à l’école? C’est sûrement le but recherché par le MLQ, le Mouvement laïque Québécois, et les sectes religieuses fondamentalistes ! Dans tous les cas, les plus grands perdants seront les catholiques eux-mêmes, qui sont pourtant majoritaires au Québec, mais qui risquent de tout perdre si le gouvernement décidait d’abolir ce cours qui a pourtant comme objectif de souligner l’apport précieux du christianisme au développement de la société québécoise depuis sa fondation.
C’est évident que ce cours n’est pas parfait. Après une année d’expérimentation, les évêques du Québec ont demandé que les parents soient mieux renseignés sur le programme, que la place et le traitement de la tradition catholique et protestante soit prépondérante et soulignée à chaque niveau du primaire et du secondaire et que les maîtres soient mieux formés pour dispenser cet enseignement. Aussi, il m’apparaît important d’intégrer le volet de l’athéisme, puisque de plus en plus de québécois se disent incroyants aujourd’hui; ceux-là méritent aussi le respect et la dignité.
Une chose est certaine, ce cours d’Éthique et de Culture religieuse doit demeurer obligatoire, si on veut être une société inclusive et tolérante, et ceux qui le contestent sont peut-être ceux qui en ont le plus besoin !

