Une consultation publique pour sauver le Domaine seigneurial

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Baptiste Zapirain
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Le 7 novembre, à l’initiative de la SODAM Patrimoine

Consternés par l’incendie qui a ravagé un Domaine seigneurial déjà fort décrépit, frustrés par l’inertie de la Ville de Mascouche et le silence des propriétaires des lieux, les membres de la SODAM Patrimoine tentent une nouvelle fois de faire bouger les lignes avec les moyens qu’ils ont à leur disposition.

C’est donc avec beaucoup d’espoir qu’ils invitent la population à une rencontre publique, qui se tiendra le mercredi 7 novembre prochain à 19h30, à l’Agora de l’école secondaire Le Prélude, située au 2995, avenue des Ancêtres à Mascouche. Objectif : éclairer les citoyens sur un dossier qui reste peu connu du public, et rallier la population pour pousser les instances publiques à s’emparer de l’affaire.

«La seule façon de sauver le Domaine seigneurial, c’est d’en faire un bien patrimonial public», affirme Patricia Lebel, directrice générale de la SODAM. Claude Martel, historien et membre de l’ancien comité de sauvegarde du Manoir démantelé en juillet dernier, renchérit : «Il faut devenir propriétaire du terrain, et dans les prochains mois. Que ce soit la Ville, une société de gestion régionale ou la communauté métropolitaine de Montréal, peu importe, mais il faut exproprier.»

La Ville n’a jamais exprimé une intention de racheter le domaine – qui reste propriété de Daniel Meyer Ouaknine et ses associés. Tout au plus, la mairesse suppléante Lise Gagnon a indiqué que le nouveau comité de sauvegarde (toujours pas créé, qui devrait inclure Claude Martel au nom de la SODAM en plus d’un certain nombre de fonctionnaires) pourrait porter le projet de parc régional avec valorisation du Manoir devant la Communauté métropolitaine de Montréal.

Pour Claude Martel, néanmoins, cela vaut le coup. Et si les voix de la SODAM ne portent pas assez haut, une mobilisation citoyenne pourrait mettre la pression sur les élus. «L’édifice ne vaut pas cher. Il n’y a même plus de lavabo, de fils électriques. C’est une coquille vide. Le prix du domaine, c’est celui du terrain et de la brique».

Conscientiser

Il faudrait certes payer les rénovations. Mais avec ce domaine, «on a le potentiel pour faire un parc national si on veut, pour les 40, 50, 60 prochaines années», affirme-t-il. De quoi nourrir un projet à la fois patrimonial et récréotouristique.

Claude Martel pense que la Ville ne bouge pas parce qu’elle ne veut pas porter seule le projet, et manque de soutien des instances locales. Il considère toutefois que, vu l’intérêt patrimonial du site, des appuis sont à aller chercher au niveau provincial et fédéral (voir encadré).

La consultation publique sera donc un moyen de montrer ce potentiel à la population, tout en rendant hommage au domaine grâce à des photos d’archive. «Les gens qui connaissent le manoir sont derrière nous. On veut conscientiser ceux qui ne le connaissent pas. Il faut que les gens s’approprient leur patrimoine», soutient Patricia Lebel, qui regrette qu’«actuellement, on ne voit que des images délabrées d’un bâtiment brûlé».

Une chose dont la SODAM Patrimoine est certaine : le projet avancé initialement par les propriétaires privés – réaliser 1000 condos – est irréalisable. «Le site fait deux kilomètres sur deux, en gros. Mais à peine 20% est en zone constructible, et encore, à l’intérieur de cette zone, il y a des cours d’eau, des pentes… Je pense qu’il y a de quoi construire 30 lots normaux, mais jamais 1000 condos», assure Claude Martel.

Un intérêt patrimonial pour le Québec et le Canada

Le domaine seigneurial de Mascouche a une histoire qui a de l’intérêt à l’échelle provinciale et fédérale. De 1930 à 1954, il a été habité par la châtelaine Hazel Kemp Colville, une Torontoise qui a connu amour et fortune. Elle aurait notamment été l’amante de Richard Bedford Bennett, premier ministre du Canada de 1930 à 1935. Pendant la deuxième guerre mondiale, le manoir a abrité pendant quelques mois la grande-duchesse du Luxembourg, qui craignait pour sa sécurité en Europe. Nombreux sont les Québécois qui ont aperçu sur leur écran de télévision : le domaine a en effet accueilli le tournage de plusieurs épisodes du téléroman «Les Belles Histoires des pays d'en haut». C’est le dernier domaine seigneurial au Québec. Tous ces éléments suggèrent, aux yeux de la SODAM Patrimoine, qu’en l’absence de soutien local, d’autres instances québécoises ou canadiennes pourraient être intéressées.

Organisations: SODAM Patrimoine, Ville de Mascouche, école secondaire Le Prélude Communauté métropolitaine de Montréal

Lieux géographiques: Mascouche, Avenue des Ancêtres, Montréal Québec Canada Luxembourg Europe

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