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À quand une politique nationale contre l’itinérance ?

Une centaine de personnes, directement touchées ou simplement solidaires, étaient présents. Armand Ohayon

Une centaine de personnes, directement touchées ou simplement solidaires, étaient présents.

Baptiste Zapirain
Publié le 28 Octobre 2012
Publié le 25 Octobre 2012
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Question posée lors de la Nuit des sans-abri à Terrebonne

Sujets :
Action populaire des Moulins , Galeries de Terrebonne , Rue St-Pierre.Après , Route Saint-Louis

Terrebonne était l’une des 27 villes québécoises à accueillir une vigile pour souligner la Nuit des sans-abri le vendredi 19 octobre dernier. C’était à 21h, sous la pluie au Café de rue solidaire, rue St-Pierre.

Après une minute de silence, la centaine de personnes présentes ont pu écouter la musique du groupe «Route Saint-Louis», formé au Café de rue. Quelques élus locaux avaient également effectué le déplacement, à savoir le conseiller municipal de Mascouche Jacques Tremblay, le député de Terrebonne Mathieu Traversy et la députée fédérale de Terrebonne-Blainville, Charmaine Borg.

Ils ont aussi pu entendre plusieurs déclarations des représentants de différents organismes œuvrant pour les sans-abri : Action populaire des Moulins, La Hutte-hébergement d’urgence, le CSSS Sud Lanaudière, le centre F.A.M.

Trois acteurs, dont un jeune de 10 ans, ont également raconté leur journée passée aux Galeries de Terrebonne dans le rôle d’une famille de sans-abri. «Les gens étaient assez indifférents devant les deux adultes» résume Catherine Duplain, gérante du Café de rue solidaire. «Par contre, avec un enfant de 10 ans au milieu, les gens étaient émus. Certains ont tout de suite voulu donner de l’argent, ils disaient ‘‘ben voyons donc, un enfant dans la rue à Terrebonne !’’»

Les acteurs ont également raconté comment, au bout de deux heures de présence, quelques coups de téléphone ont abouti à la venue de la police. «En moins de deux heures, on se serait fait enlever l’enfant», raconte celle qui jouait le rôle de la mère.

«On est en 2012, c’est inacceptable»

Estelle Dionne, la directrice de La Hutte-hébergement d’urgence, a rappelé que son organisme avait accueilli 600 personnes sans toit l’an dernier. Un chiffre qui s’avère l’un des rares éléments concrets pour comptabiliser le nombre de sans-abri localement – on estime qu’il y en a 30 000 répartis dans tout le Québec, soit 12 000 de plus qu’il y a 20 ans. «On est en 2012, et c’est inacceptable», enrage-t-elle.

Interrogée plus longuement par TC Média, elle a indiqué que «ce que nous demandons, nous les différents organismes, c’est une politique nationale pour la lutte contre l’itinérance, afin que la problématique soit intégrée dans l’ensemble des ministères au moment d’établir leurs actions».

En attendant, faute d’action globale concertée, chaque organisme fait ce qu’il peut. Estelle Dionne a constaté un net progrès au fil des ans : «les organismes publics nous reconnaissent, nous avons créé des passerelles. Par exemple, lorsque nous accueillons quelqu’un qui semble avoir des problèmes psychiatriques, nous avons plus facilement accès au CSSS pour établir un diagnostic».

Le phénomène des sans-abri est intimement lié à celui de la pauvreté. Johanne St-Denis, d’Action populaire des Moulins, a rappelé qu’il faut un revenu annuel de 14 935 $ pour couvrir la plupart des besoins de base d’une personne seule – 30 000 pour une famille de deux adultes et deux enfants. On estime ainsi que 750 000 personnes vivent actuellement sous ce seuil de revenu au Québec.

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