Isabelle Lessard (Bonhomme) a dû déménager loin des siens pour réaliser son rêve, mais cela en valait la peine. Elle vient de fonder LF Ranch Rescue Society et possède 21 chevaux, dont la majorité aurait très bien pu voir leur vie raccourcie. Elle en refuse même tellement la demande est forte.
Isabelle Lessard, une Mascouchoise qui vit maintenant près de Vilna en Alberta depuis 2006, récupère les chevaux mal en point, blessés ou maltraités ou qui seraient vendus à l’encan pour la boucherie.
«Travailler avec ces chevaux et voir les résultats quelques mois plus tard vaut bien les efforts et les sacrifices que cela demande. Bien souvent, les anciens propriétaires ne reconnaissent même plus leur animal. Certains voudraient même le ravoir», expliquait Isabelle lors d’un récent reportage à la télévision albertaine (New Cap News) à la suite de la tenue d’une activité portes ouvertes où elle expliquait aux gens comment s’y prendre avec les chevaux et que faire avant d’acheter ou d’adopter un tel animal.
«L’ouest est beaucoup moins cher que le Québec pour l’achat de terrains; on peut avoir beaucoup plus grand pour le même prix. De plus, c’est plus facilement accessible coté animaux. Je peux également faire mon épicerie et avoir accès à des vermifuges et autres médicaments; la vie ici est axée sur les animaux et l’agriculture en général, ce qui rend le tout plus facile», dit-elle pour expliquer son déménagement dans l’ouest.
Elle ne sait pas exactement d’où cela vient, mais depuis qu’elle est toute petite elle voue un amour aux chevaux. Elle voulait donc en posséder ou s’en rapprocher absolument pour qu’ils fassent partie intégrante de sa vie.
Un peu d’aide
Son travail, il faudrait dire sa vocation, l’amène à travailler sept jours par semaine et ne lui laisse que peu de répit. «Je commence à avoir un peu d’aide de bénévoles. Ils sont très gentils mais ils n’y connaissent rien et il faut tout leur apprendre», observe la Mascouchoise.
Pour ce qui est de subventions ou d’aide gouvernementale, elle n’a pas encore fait de démarches. Cela semble très compliqué et elle préfère réfléchir avant de s’aventurer là-dedans. «J’essaie de me débrouiller seule pour l’instant», précise-t-elle.
Pourtant, la période automnale qui se pointe signifie un surplus de travail et de dépenses, autant que de décisions à prendre.
«Des centaines de chevaux vont pour le marché de la viande (encan) chaque semaine et c’est toujours pire à partir d’octobre, parce qu’il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas nourrir les animaux l’hiver. C’est aussi le temps où la plupart des juments sont séparées de leur poulain et les gens ne veulent pas les nourrir pour l’hiver. Donc, la demande est très forte à partir d’octobre et surtout après les fêtes», explique Isabelle.
Elle ne veut pas posséder plus de 20 chevaux afin d’avoir assez de temps pour s’occuper de tous. «Les chevaux sont ici en réhabilitation et je ne veux pas les laisser repartir s’ils ne sont pas prêts physiquement ou mentalement», ajoute-t-elle (les chevaux demeurent généralement à son ranch entre un et neuf mois).
Elle doit naturellement tenir compte du coût d’entretien de ces animaux et s’assurer de pouvoir les nourrir tous et les soigner. Il faut aussi éviter la propagation des maladies contagieuses. «Nous devons souvent faire des choix cruels», explique celle-ci.
Sa récente activité de portes ouvertes a contribué à quelque peu démystifier son travail et à expliquer le besoin d’un tel refuge. Elle a également apporté quelques retombées économiques et des personnes se sont montrées intéressées à adopter une bête.
Le ranch n’en est qu’à ses premiers balbutiements, mais avec un tel dévouement et un amour inconditionnel pour les chevaux, Isabelle Lessard s’assure qu’il n’est pas prêt d’arrêter de faire du bien et de venir en aide à la race chevaline.
Pour toute information au sujet du ranch d’Isabelle Lessard, consulter le http://www.lfranchrescuesociety.com
