Le médecin déplore toujours l’iniquité dans les moyens mis à disposition pour la région en matière de santé. Outre le temps d’attente aux urgences, qui franchit régulièrement la barre des 20 heures, la population de la région augmente à un rythme rapide : 7,6%, contre 3,5% au Québec (chiffres février 2011). De même, on compte en moyenne 0,8 omnipraticien pour 1000 habitants, contre 1,1 pour 1000 à Montréal. L’hôpital Pierre-Le Gardeur a comptabilisé 53 000 visites en 2009-2010, mais 63 000 sont prévues en 2012.
Dr Prochette Arima a égrené de nombreux chiffres de la sorte, afin de toujours illustrer un même problème : «l’argent, les moyens ne viennent pas. Le gouvernement libéral à l’époque nous avait promis 155 lits supplémentaires sur deux étages à l’hôpital Pierre-Le Gardeur. On les attend toujours».
Résultat : des délais d’attente toujours plus longs, qui contraint les usagers à se tourner vers le privé. Francine Ranger, administratrice pour le CAUSAL, en a fourni un témoignage symptomatique. «S’il y a bien quelqu’un qui croit au service public, c’est moi, j’y travaille», dit celle qui est aussi présidente. «Mais quand un proche a besoin d’un examen tout de suite, quand on parle peut-être de cancer, hé bien on paye».
«Une bonne idée qui ne va pas durer»
Ce n’est pas faute, pour l’hôpital Pierre-Le Gardeur, de se creuser les méninges pour pallier au manque d’effectifs. Cet été, le centre hospitalier a perdu l’équivalent horaire de six postes à temps plein parmi ses omnipraticiens, ces derniers étant invités par le gouvernement à travailler davantage dans les CLSC. Pierre-Le Gardeur a compensé en se réorganisant selon un plan «médecin-infirmière tandem».
«C’est une bonne idée, mais qui ne va pas durer longtemps», souligne Dr Prochette Arima. «Cette organisation nous fait économiser du temps, mais pas de l’argent. Pour remplacer ces six médecins, il faut huit à neuf infirmières. Cela coûte 400 000$ à l’hôpital.»
Bref, l’argent est le nerf de la guerre. Durant la campagne électorale, le PQ s’était engagé à donner sa juste part à la région, c’est-à-dire les 42,5 millions qui lui manquent afin d’abolir l’iniquité interrégionale. Les regards du Causal, du Comité des usagers du CSSS Sud Lanaudière, de l’hôpital sont désormais braqués sur lui…

