« On n’attendra pas d’être installé à 100 % à Québec avant d’arriver ici, dans Lanaudière. Cette région, comme le Saguenay, sera la prochaine où le projet Santé Québec sera instauré », affirme le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, alors qu’il visite le Groupe de médecine de famille (GMF) de L’Assomption, lundi en après-midi.
« Cette nouvelle est très intéressante, car il y a beaucoup de bienfaits pour les patients et les médecins », précise le Dr Pierre Cadoret, médecin au GMF de L’Assomption.
Ainsi, en plus d’avoir 22 nouveaux médecins sur le territoire, dont sept seulement proviennent de transfert de région, Lanaudière devrait être informatisée à 100 % d’ici un an, selon le ministre Bolduc. Précisons que la région lanaudoise compte déjà 79 % de médecins informatisés et 58 % des cliniques informatisées.
Le « Dossier de santé électronique » (DSQ) permettra aux spécialistes lanaudois d’avoir un accès rapide pour la médication, les radiologies et les résultats de laboratoire de leurs patients.
« On gagne de 45 minutes à une heure par jour grâce au système informatisé. On voit quatre patients pendant ce temps, par jour, par médecin. C’est tout un gain pour L’Assomption. Tout le monde médical devrait être connecté à travers le Québec. Ça permettra que le dossier suive le patient, peu importe où il se trouve », mentionne le Dr Cadoret.
Le député de L’Assomption, Scott McKay, approuve cette informatisation : « On augmente la vitesse tout en évitant les erreurs de lecture des prescriptions. »
Le ministre Bolduc poursuit : « C’est plus rapide et beaucoup plus sécuritaire que les dossiers papier. »
Les spécialistes de la médecine qui étaient présents à la visite affirment que ça prend de 32 à 180 heures pour recevoir les analyses d’un laboratoire. Selon eux, avec le DSQ, ça prendra 30 minutes pour obtenir les mêmes résultats qui arriveront directement dans l’ordinateur dès qu’ils seront prêts.
L’un des nouveaux médecins du GMF de L’Assomption, le Dr Donald Lafortune, est un pionnier dans le domaine de l’informatisation des dossiers de patients. Depuis 1996, il utilise les dossiers électroniques. « C’est extraordinaire. Je suis un vendu de l’informatique et tout ce que ça m’apporte, c’est un facilitateur. J’économise du temps. Ça apporte la rapidité et l’organisation. Ça réduit le risque d’erreurs », assure le Dr Lafortune.
La crainte de plusieurs médecins était de briser la relation avec le patient. « C’est tout le contraire qui arrive. Les patients nous trouvent <@Ri>cool<@$p> d’être à la fine pointe de la technologie. Les tout-petits viennent gribouiller sur nos écrans, les jeunes sont fascinés par le système et les plus vieux sont impressionnés par le fait que, malgré notre âge, on s’informatise. On a beau travailler avec deux écrans, on ne perd pas de vue notre patient », souligne le Dr Cadoret.
Respect du budget et des délais
« L’information a circulé voulant que le budget avait été dépassé. L’investissement n’est pas plus élevé que prévu. Nous avions un budget de 500 millions pour ce projet. Il reste encore 200 millions pour le déploiement et ce qui coûte le plus, c’est le développement qui est presque terminé. Nous sommes donc à l’intérieur des balises budgétaires », précise le ministre de la Santé, Yves Bolduc.
En ce qui concerne les délais, il affirme qu’ils sont tout aussi respectés. « Dans la région de Québec, nous avons près de 50 % des médecins informatisés. À la fin de l’automne, nous aurons atteint 100 %. Dans Lanaudière, où nous entamerons le projet dans les prochains mois, ce sera un gain très rapide étant donné que près de 80 % des médecins sont déjà informatisés. Le projet dans la région devrait être complété d’ici un an », souligne M. Bolduc.
Il ajoute : « Contrairement à l’Ontario, nous sommes partis avec une vision dans son ensemble et c’est ce qui va nous aider dans le déploiement du DSQ. »
L’Assomption a pris deux ans à numériser les 40 000 archives. « Nous n’avions pas encore l’option numérisation quand nous avons commencé. On a donc demandé que le système s’intègre tout de même, on s’est acheté des numériseurs, puis on stockait les données. Quand l’option a été prête, on a finalisé la numérisation », explique le Dr Pierre Cadoret, qui assure qu’aucun médecin n’a eu à suivre de formation pour utiliser leur nouveau système.
Le ministre Bolduc précise : « Ça prend en moyenne six mois. Nous prenons des numériseurs très rapides. »
Un GMF à l’honneur
« À L’Assomption, il y a un des GMF le plus avant-gardiste au Québec. C’est un concept 100 % électronique, où il n’y a aucun papier. C’est un GMF ultra-moderne. C’est une des belles cliniques », dit M. Bolduc.
Il dit ne pas avoir choisi L’Assomption pour promouvoir un logiciel plutôt qu’un autre. « Je suis venu ici pour voir un système qui fonctionne dans le réel, sur le terrain. Un système qui est 100 % sans papier », conclut M. Bolduc.
