Quand préjugés et allaitement vont de pair

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Geneviève Geoffroy
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Vous vous promenez au centre commercial et soudainement, vous tournez votre regard. Dans votre champ de vision, une femme donne le sein à son nouveau-né. Quelle est votre réaction?

Bien qu’il soit naturel, l’allaitement, encore aujourd’hui, suscite la controverse. Doit-on allaiter ou non? Peut-on allaiter en public ou non?

C’est dans l’optique de démystifier les stéréotypes et les mythes entourant l’allaitement que se tiendra encore une fois cette année, partout en Amérique du Nord – et dans les pays dits industrialisés -, la Semaine mondiale de l’allaitement du 1er au 7 octobre.

« La Semaine se déroule à la 40e semaine de l’année courante ce qui correspond à 40 semaines de gestation », précise Geneviève Rinfret, membre du conseil d’administration de Nourri-Source Lanaudière et responsable de Nourri-Source, secteur Lamater.

Comprendre le passé, planifier l’avenir

Le thème de la Semaine de l’allaitement 2012 : comprendre le passé, planifier l’avenir.

« Il n’y a pas si longtemps, dans les années 60-70, au temps de la révolution sexuelle et de la libération de la femme, l’allaitement était hautement diabolisé, relate Geneviève Rinfret. Les enfants de cette génération sont communément appelés des ‘’bébés biberons’’. Ce n’est que depuis les années 2000, moment où les recherches ont confirmé que l’allaitement maternel était le meilleur moyen de nourrir son enfant qu’il est mieux perçu par les femmes et la société. »

À cet effet, notons que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) promeut activement l’allaitement maternel, qu’elle considère comme la meilleure alimentation pour les nourrissons et les jeunes enfants.

Si l’allaitement maternel est aujourd’hui considéré comme le meilleur moyen de nourrir son enfant par les plus hautes instances de santé, la perception des femmes et de la population, elle, c’est autre chose, fait remarquer Geneviève Rinfret.

Avoir le choix

Si, dans les années 60-70, dans la foulée de la montée du féminisme, les femmes qui allaitaient étaient victimes de préjugés – à cette époque, même les médecins de famille offraient des échantillons de lait maternisé aux femmes enceintes - aujourd’hui, c’est plutôt le contraire. Notamment, dans les hôpitaux, les femmes qui décident de ne pas allaiter leur nouveau-né pourront sentir une certaine pression des infirmières, du médecin ou de l’entourage.

« C’est le retour du balancier : tout le monde sait que l’allaitement maternel est le meilleur moyen de nourrir son enfant, mais la femme doit toujours avoir le choix. Il faut aussi que nous travaillons sur cette perception », affirme la porte-parole de Nourri-Source Lanaudière.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire pour que l’allaitement soit perçu tel qu’il est : un moyen de nourrir son enfant et de créer un lien affectif avec lui.» Geneviève Rinfret

Elle ajoute qu’aujourd’hui l’allaitement est de moins en moins présenté comme une prison pour la femme, puisqu’avec l’avènement de l’égalité des sexes et du partage des tâches, le conjoint est amené à être davantage impliqué dans la gestion de l’alimentation de l’enfant, ce qui n’était pas le cas il y a une trentaine d’années.

La peur de l’allaitement

En plus des préjugés, un autre facteur jouerait en défaveur de l’allaitement maternel : le culte du corps parfait devenu omniprésent dans la société actuelle.

« Dans une société de l’image comme la nôtre, pour les femmes, les seins, c’est plus sexuel qu’autre chose. Aujourd’hui, les femmes ont la pression de toujours être parfaite et d’avoir le corps parfait, mais attention, ce n’est pas tant l’allaitement que la grossesse elle-même qui modifieront le corps », prévient-elle.

À cet effet, mentionnons que, selon l’OMS, l’allaitement atténue le risque de cancer du sein et de l’ovaire à un âge plus avancé, aide les femmes à retrouver plus vite leur poids d’avant la grossesse et permet de lutter contre l’obésité.

« Il y a encore beaucoup de travail à faire pour que l’allaitement soit perçu tel qu’il est : un moyen de nourrir son enfant et de créer un lien affectif avec lui. On ne devient pas l’esclave de notre enfant parce qu’on l’allaite : quand on décide d’avoir une progéniture, d’une manière ou d’une autre, nous sommes soumis à ses humeurs et à ses besoins », conclut Geneviève Rinfret.

Quelques petites activités prévues dans le secteur Lamater

Nourri-Source Lamater invite les mamans qui allaitent à son défi allaitement 2012, le samedi 29 septembre dès 9 h 30, à l’école du Coteau de Mascouche. Au programme, en plus du défi, exposition de photos d'allaitement, activités pour toute la famille, remise de prix du concours de photos d'allaitement, nombreux prix de présence, sacs-cadeaux, mini salon maternité et plus encore. L'entrée au défi allaitement 2012 est gratuite et ouverte à toute la famille. Sur place, vous aurez la chance de faire l'essai de diverses activités.

Pour participer à l'un ou l'autre des cours d'essai, il est possible de s’inscrire par courriel au lamater@nourri-source.org

Organisations: Organisation mondiale

Lieux géographiques: Amérique du Nord, OMS, Secteur LamaterNourri-Source Lamater Coteau de Mascouche

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