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La DSP se penche sur la problématique des antennes de relais cellulaires

La DSP se penche sur la problématique des antennes de relais cellulaires

La DSP se penche sur la problématique des antennes de relais cellulaires

Stéphane St-Amour
Publié le 31 Mars 2009
Publié le 26 Mai 2010
Stéphane St-Amour

Le combat de François Therrien trouve écho à Québec

La bataille que mène François Therrien, depuis l'été dernier, contre la présence des antennes de relais cellulaires à proximité des écoles et des garderies de la région, a trouvé écho auprès de la Direction nationale de la santé publique.

Sujets :
Institut national de santé publique du Québec , Organisation mondiale , SEMO , Québec , OMS , Canada

Dans une lettre datée du 13 mars que lui adressait le directeur de cette institution et sous-ministre adjoint au ministère de la Santé et des Services sociaux, Dr Alain Poirier, on confirme que son message a été entendu.

Mieux encore, on lui indique que ses inquiétudes quant à l'incidence sur la santé humaine des ondes de radiofréquences émises par ces antennes ont été débattues à la grande table réunissant les dirigeants des 18 Directions régionales de santé publique et que l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a été mandaté pour procéder à un examen de la problématique des antennes de relais cellulaires. Dans son étude, l'Institut devra notamment «tenir compte des données de la littérature, des positions de santé publique déjà exprimées sur ce sujet par des organismes tels Santé Canada et l'Organisation mondiale de la santé (OMS)», indique le grand patron de la DSP, Dr Poirier.

Satisfait

Porte-parole de l'organisme «Sauvons nos enfants des micro-ondes» (SEMO), François Therrien se dit «satisfait» de cette ouverture de la Direction de santé publique, à qui il réclamait en début d'année la mise sur pied d'un comité d'experts, «afin de déterminer s'il y a lieu d'appliquer des limites de distance et de puissance aux installations des antennes de téléphonie cellulaire».

En entrevue au Trait d'Union, M. Therrien rappelle être monté aux barricades en apprenant, l'été dernier, au hasard d'une discussion à bâtons rompus avec un voisin, que trois émetteurs de la société Rogers étaient dissimulés depuis plusieurs années dans le clocher de l'église du Vieux-Terrebonne. «J'habite à 200 pieds de l'église et personne n'était au courant de rien, pas même la municipalité».

Il ajoute qu'«une école secondaire et deux écoles primaires fréquentées par plus de 3000 élèves» se trouve «dans un rayon de 300 mètres de l'église». À cet égard, il insiste pour dire que déjà «de nombreux pays ont appliqué le Principe de précaution en limitant l'implantation des antennes à proximité des écoles et de la population».

Données troublantes

M. Therrien évoque «trois jugements rendus en février dernier par la Cour d'appel de Versailles, ordonnant le démantèlement d'antennes de relais cellulaires près des maisons pour cause d'absence de certitude que ces micro-ondes soient sans danger sur la santé».

Incidemment, François Therrien salue au passage l'initiative du président français Nicolas Sarkozy, qui aurait décrété la tenue d'«une table ronde le 23 avril prochain» sur la chose, explique-t-il.

Sujet très sensible partout en Europe, la prolifération de ce type d'antennes se parle très peu au Québec et ailleurs au Canada, déplore le principal intéressé. «On nous accuse d'être alarmiste et de faire peur au monde», en remet cet enseignant en électricité dans un centre de formation professionnelle, à Laval. À la face de ses détracteurs, il brandit les résultats du rapport international Bioinitiative, portant sur les effets biologiques d'une exposition à long terme à de faibles niveaux de micro-ondes. Selon cette étude, les riverains d'antennes cellulaires seraient davantage affectés par des malaises, tels des maux de tête et des troubles de sommeil, de concentration et de vertige.

Plus inquiétantes encore les recherches épidémiologiques effectuées en Israël et en Allemagne en 2006 qui révèlent de trois à quatre fois plus de cancer chez les résidants situés à moins de 350 mètres des antennes. «Ces études sont reconnues, publiées et font partie de la base de données de l'OMS (Organisation mondiale de la santé), tient-il à spécifier.

Plus près de nous, M. Therrien fait valoir 24 cas de cancer dont 12 décès survenus fin 1990 et début 2000, qui auraient décimé le personnel du cégep André-Laurendeau. Un triste bilan qu'il relie aux niveaux élevés de micro-ondes dégagées par les antennes cellulaires, qui se trouvaient alors sur le toit de l'immeuble. «En 2006, la direction du cégep n'a pas renouvelé le contrat de Bell Mobility qui arrivait à échéance et a procédé en douce au retrait des antennes, sans aucune admission de responsabilité», affirme le porte-parole de SEMO.

Conflit d'intérêt

En décembre dernier, l'organisme «Sauvons nos enfants des micro-ondes» acheminait au ministre fédéral de l'Industrie, Tony Clement, une pétition de 841 noms, essentiellement des parents des enfants fréquentant les écoles avoisinant l'église du Vieux-Terrebonne, demandant le retrait d'antennes cellulaires dissimulées dans le clocher de l'église. «Le ministre s'est contenté de nous dire qu'il n'y avait aucun danger», déplore François Therrien.

Il y va d'ailleurs d'une attaque en règle contre le gouvernement fédéral et ses ministères de l'industrie et de la Santé, qui refusent toute remise en question des normes canadiennes en matière de protection. «Un possible conflit d'intérêts nous inquiète», soulève-t-il, affirmant qu'Ottawa a reçu l'an dernier plus d'un milliard de dollars des entreprises de téléphonie cellulaire. Dans la même foulée, il dénonce le fait que des 13 pays ayant participé à l'étude de recherche internationale Interphone, en 2000, le Canada serait le seul où les chercheurs ont été financés par l'industrie des télécommunications. «Depuis quatre ans, le Canada reporte continuellement la publication des ses propres résultats», termine-t-il.

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