Pourtant, Olivier Jean serait bien demeuré à Vancouver. «J’ai tellement aimé le village olympique, l’atmosphère, la nourriture, que je serais resté là pour encore cinq ans. C’était incroyable tout ce que l’organisation a réussi, tous les services qu’elle a mis à la disposition des athlètes. J’aimais me retrouver là, dans ce monde spécial, avec des athlètes de toutes les disciplines et de tous les pays en même temps, c’est une occasion rare», remémore-t-il.
Et que dire de la ville? «Partout où nous allions, la ville respirait à l’heure des Jeux olympiques. Tous les gens arboraient leurs couleurs et des chandails de leur pays. C’était unique et excitant à vivre», ajoute-t-il.
Pour ce qui est des cérémonies d’ouverture, Olivier ne devait pas y assister, car il courrait le lendemain. «J’ai suivi le conseil d’un entraîneur et j’y suis allé. C’était vraiment formidable. Je ne l’ai pas regretté, ça m’a donné du pep pour les deux semaines à suivre.» Pour les cérémonies de clôture, il n’y avait aucun doute. «C’était bon se revoir tout le monde et de festoyer avec eux. Nous n’avions pas vu certains athlètes qui compétitionnaient sur d’autres sites depuis le début. C’était unique et agréable de les revoir», soutient-il.
En regard de son expérience olympique, le patineur de courte piste devient encore plus exubérant. «Nous travaillons tellement fort pendant des années que la médaille concrétise ces efforts. Ce n’est plus un rêve. Quand il y a 15 000 personnes dans les estrades qui crient en même temps et t’encouragent, c’est indescriptible comme sentiment. Quand j’ai vu François-Louis traverser la ligne d’arrivée en première position (au relais) et que j’ai regardé mes coéquipiers, j’ai vu l’expression de joie dans leurs yeux, c’était notre récompense pour des années d’efforts, d’entraînement et de travail. C’était aussi notre façon de remercier notre équipe et tous ceux qui gravitent autour de nous», poursuit le Lachenois d’origine.
Quant à ses autres courses, Olivier dit être déçu des résultats, mais pas de son travail. «Au 500 mètres, je voyais bien que je n’avais plus aucune chance et j’ai préféré prendre le risque de dépasser et de me faire disqualifier, plutôt que de finir troisième. Par contre, au 1500 mètres, j’allais bien, mais j’ai mal géré ma course et je n’ai pas pu terminer dans les médaillés», dit-il.
Certains commentateurs ont relevé le fait qu’Olivier soit d’un plus gros gabarit que ses adversaires de courte piste. Pour le principal intéressé, il y a du pour et du contre. «C’est vrai qu’avec ma stature, il est plus difficile de me faufiler, comme le font certains petits patineurs. Par contre, quand je suis en place, je suis très difficile à déplacer. Il n’y a rien pour m’enlever la courte piste. C’est stressant et tellement excitant, que je ne veux rien faire d’autre», ajoute le patineur.
Cette semaine, Olivier se retrouve à Sophia en Bulgarie pour participer au Championnat du monde et, la semaine prochaine, ce sera l’Italie pour les Championnats du monde en équipe. Ensuite, il profitera de quatre à six semaines de vacance bien méritée. «Je prévois passer quelques semaines en Europe avec ma copine, visiter Paris et d’autres villes que je n’ai pas le temps de voir normalement», nous informe-t-il. Ensuite, ce sera le retour aux compétitions et à la vie habituelle des athlètes de pointe.
Il y a également ses études en kinésiologie où il se retrouve à mi-parcours et qu’il veut absolument terminer, car il veut rester dans le sport après sa carrière active. Il sait qu’il doit reprendre le temps perdu, car il a un peu délaissé ses études au cours de la dernière année.
Sera-t-il de retour dans quatre ans à Sotchi (Russie) en 2014 ? Il n’hésite même pas. «J’aime trop ça, c’est sûr que je serai là. Une médaille d’or, c’est unique. Il n’y a qu’une infime fraction de la population qui peut se vanter de ça. J’en veux d’autres !» conclut-il.




