Le projet de règlement modifiant le Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire, publié dans La Gazette officielle du Québec, en date du 3 février dernier, est inacceptable pour l’ensemble de la population québécoise. Ce décret ministériel qui est censé entrer en vigueur cette semaine, soit le 19 mars, 45 jours après sa publication, abroge complètement l’article 19 du Régime pédagogique, qui consiste à définir les congés obligatoires pour tous les élèves du Québec : les samedis et les dimanches, la Confédération, la fête du Travail, l’Action de grâce, la veille, le jour et le lendemain de Noël, la veille, le jour et le lendemain du Jour de l’An, le Vendredi Saint et le lundi de Pâques, la fête des Patriotes et la fête nationale du Québec : la Saint-Jean-Baptiste.
Comment peut-on justifier un tel changement qui touche la totalité des écoles québécoises, tout simplement pour satisfaire la minorité juive orthodoxe, qui ne respecte pas le régime pédagogique actuel et qui offre un enseignement religieux malgré la déconfessionnalisation du système scolaire? Encore une fois, on demande à la majorité de se plier aux caprices d’une minorité, en abrogeant les jours fériés qui la caractérisent. Et pire encore, la ministre de l’Éducation, Michèle Courchesne a tenté de nous faire croire qu’elle voulait encourager la persévérance scolaire et apporter de la souplesse au calendrier, afin de faciliter la formation professionnelle et technique dans les écoles publiques. Mais en quoi les congés de Noël et de Pâques nuisent à la persévérance scolaire et à la formation professionnelle et technique?
Dans une société laïque comme la nôtre où l’enseignement religieux catholique et protestant ne se fait plus dans les écoles publiques, mais dans chacune des communautés confessionnelles concernées, pourquoi cette règle ne pourrait-elle pas s’appliquer à toutes les écoles de confessions diverses, y compris les écoles juives? Au Québec, les quelques rares fêtes civiques et religieuses qui restent font partie de notre histoire et de notre patrimoine culturel collectif; les abroger du revers de la main, comme souhaite le faire le gouvernement libéral actuel, porte atteinte à notre identité québécoise et ne favorise aucunement l’intégration des immigrants d’autres confessions religieuses. Nous avons si peu d’occasions de nous rassembler en famille et de célébrer, il me semble opportun de préserver ces jours fériés qui marquent une pause dans l’année, tant pour les travailleurs que pour les écoliers.
Il s’agit vraiment d’un accommodement déraisonnable consenti aux écoles juives seulement, qui va à l’encontre du principe de la séparation de l’Église et de l’État et qui ouvre la porte à une reconfessionnalisation partielle du système d’enseignement privé subventionné par l’État. Je peux comprendre que la communauté juive est très généreuse à l’endroit des libéraux du Québec, mais elle doit, comme toutes les autres communautés confessionnelles, offrir son enseignement religieux tout en respectant le cadre du régime pédagogique actuel, sans bousiller le calendrier du ministère de l’Éducation du Québec. C’est une question de justice pour tous et de respect pour la majorité.




