Président de la Fédération des professionnels de l'éducation du Québec, Jean Falardeau complétait récemment ici une tournée de sensibilisation nationale avec, sous le bras, les résultats d'un sondage loin d'être rassurant.
«Que ce soit aux Samares ou aux Affluents, le personnel professionnel est nettement insuffisant. La plupart du temps, on privilégie les urgences et on court pour éteindre les feux. Pendant ce temps, de nombreux élèves qui ont besoin d'aide ne reçoivent pas le soutien dont ils ont besoin. Le slogan de notre campagne de sensibilisation est très clair: La place d'un élève n'est pas sur une liste d'attente.»
D'enchaîner le président du Syndicat des professionnels de l'éducation de Laurentides-Lanaudière, Gaétan Préville, d'année en année, la clientèle s'alourdit. «Nous n'avons jamais vu autant d'élèves affectés par la détresse psychologique. Les adultes inscrits aux centres de formation professionnelle ont droit aux conseillers en orientation. Or, nous croyons qu'ils devraient aussi pouvoir compter sur les orthophonistes et les psychologues.»
La Fédération des professionnels de l'éducation a chiffré récemment ses demandes : soit l'ajout de 1 300 professionnels à la grandeur du Québec pour un investissement de 78 millions de dollars.
Cette demande survient alors que les Samares ne réussit pas à combler les postes de psychologues qu'elle affiche. «Les intéressés ne se bousculent pas aux portes parce que les conditions de travail ne sont pas attrayantes. Le nombre de dossiers par professionnel est incroyable, Au primaire, un psychologue peut être appelé à intervenir dans 10-12 écoles», a fait valoir la représentante syndicale Claire Livernoche.
Dans le dossier de la persévérance scolaire, plusieurs intervenants clament depuis des années qu'il faut tout un village pour élever un enfant. «L'aide de la collectivité, j'y crois. Mais ça prend aussi, au bon moment, celle des professionnels», a conclu M. Falardeau.
Le Québec ne peut tolérer avoir autant d'élèves en difficulté
Cri des professionnels en éducation
«Est-ce que le Québec a les moyens de laisser le décrochage scolaire atteindre le tiers de ses adolescents ? Pour l'ensemble de Lanaudière, selon les statistiques de 2008, 33 % ne complètent pas leurs études secondaires. Sur le territoire des Samares, c'est plutôt 40 %. Si l'on n'investit pas suffisamment maintenant, nous aurons, comme société, à payer plus tard.»
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