Plus de 60 enseignants sans permis à la CSA



Publié le 16 Octobre 2008
Publié le 26 Mai 2010
Mélanie Adam RSS Feed

Les qualifications dans les écoles : une denrée rare?

Depuis quelques années, le nombre de professeurs sans brevet d'enseignement a augmenté dans les écoles de la Commission scolaire des Affluents. «C'est une manière de combler le manque d'enseignants légalement qualifiés», mentionne Bernard Chapdelaine, directeur au service du personnel de la CSA.

Sujets :
Ministère de l'Éducation , Québec

Actuellement, à la CSA, il y a 52 enseignants au secondaire qui n'ont pas de brevet d'enseignement. Alors qu'au primaire, seulement neuf enseignants sont dans la même situation. La plupart sont à temps partiel. Au total, il y a 1 950 enseignants à la CSA et une centaine est embauchée chaque année, à la suite du départ de leurs collègues, pour diverses raisons (retraite, changement de carrière, déménagement).

Au Québec, le nombre de professeurs sans permis a atteint 2 345, en 2007, soit une augmentation de 1 121 % en cinq ans. Dans le secteur public, il y a 188 enseignants sans brevet, dont 70 % possèdent un baccalauréat dans la matière enseignée. «Il faut comprendre que le brevet d'enseignement est la qualification légale octroyée par le ministère de l'Éducation, auquel mène un baccalauréat de quatre ans. À défaut de ça, les candidats peuvent demander une tolérance, afin d'obtenir un permis ou une autorisation provisoire, à délai fixe d'un an, et à une école donnée», explique M. Chapdelaine.

Toutefois, comme le souligne ce dernier, n'obtient pas qui veut une autorisation provisoire. La CSA tient compte de critères de sélection basés sur les études, les compétences et l'expérience. Par exemple, un candidat ou une candidate qui possède un baccalauréat dans un autre domaine, jumelé à des aptitudes en lien avec la matière enseignée, a plus de chance d'obtenir une autorisation provisoire que celui ou celle qui a un niveau d'études moindre. Dans d'autres conditions, l'autorisation peut être refusée.

Le directeur du service du personnel, Bernard Chapdelaine est d'avis que le brevet est la qualification qui a le plus de valeur en enseignement. «Il serait contraire à la logique de dire que l'absence d'un permis n'affecte pas la qualité d'enseignement. Nous recherchons des personnes qualifiées en priorité, capables de transmettre naturellement et habilement la matière. De plus, ces enseignants sont évalués deux fois par année et, dans la négative, leur autorisation provisoire n'est pas renouvelée», explique M. Chapdelaine.

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Facteurs

À la CSA, l'anglais, la musique et l'art dramatique sont les matières pour lesquelles la majorité des demandes de tolérance sont adressées au ministère de l'Éducation, pour le niveau primaire. Au secondaire, il y a des professeurs sans brevet dans les classes d'anglais, d'éducation physique, d'arts, de français, de mathématique, de sciences. Toutefois, il semble que les postes en adaptation scolaire sont les plus difficiles à combler. «Présentement, il y a 12 demandes en attente d'une autorisation ministérielle en adaptation scolaire, sur les 52 postes qui existent à la CSA», explique M. Chapdelaine.

Celui-ci avoue qu'il est moins difficile de recruter des enseignants réguliers avec un brevet dans le secteur préscolaire-primaire. «C'est un secteur que les étudiants en enseignement craignent moins. Au secondaire, il faut aussi avoir une spécialisation», commente-t-il.

Bien que l'embauche de professeurs sans brevet soit une solution, il semble que les facteurs expliquant la pénurie d'enseignants ne soient pas si simples. Selon lui, l'image de la profession est vue de manière différente au primaire et au secondaire au point que plusieurs quittent leur emploi après les cinq premières années de leur carrière. «Toutefois, je peux assurer qu'à la CSA, la majorité des nouveaux enseignants demeurent parmi nous. Nous avons une grande force de rétention du personnel. D'ailleurs, nous essayons de maintenir en emploi chez nous les étudiants qui y ont réalisé leur stage, en leur proposant de la suppléance, entre autres. C'est également une manière de les inciter à demeurer dans la région», conclut M. Chapdelaine.

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