Présentée en deux parties, l’étude démontre une proportion de décrocheurs pouvant atteindre jusqu’à 85 % dans certaines écoles publiques du Québec. Toutefois, les statistiques diffèrent dans les écoles privées où plus de 90 % des jeunes obtiennent un diplôme ou une autre qualification à la fin de leurs études secondaires, dans trois institutions québécoises sur quatre.
Ainsi, parmi les huit écoles de la MRC Les Moulins mentionnées dans le palmarès, l’école de l’Odyssée, du secteur La Plaine, se retrouve en tête de liste, avec un taux de décrochage de 43 %. À l’inverse, l’école Léopold-Gravel, du secteur Terrebonne, s’en tire avec un taux de décrochage à 7,5 %, le plus faible au niveau public dans la région. Au privé, seulement 1,1 % des élèves du Collège Saint-Sacrement ont décroché à la fin de l’année 2006-2007.
Si la parution de ce classement a eu un effet de choc pour certains, la coordonatrice du CREVALE (Comité régional pour la valorisation de l’éducation), Johanne Mc Millan, avoue toutefois que de telles données étaient déjà connues dans la région par la communauté et les partenaires. «Déjà, en 2001, les statistiques en matière de diplomation avaient amené plusieurs organismes de Lanaudière à se mobiliser afin de prévenir le décrochage scolaire, d’où la création du CREVALE», explique-t-elle.
Ainsi, d’après les chiffres fournis par l’organisme, il y avait 30,7 % des élèves qui sortaient sans diplôme ni qualification dans la région à la fin de l’année scolaire 2003-2004, soit 41,2 % pour les garçons et 20,2 % pour les filles. En 2005-2006, le taux de décrochage était de 29,1 % (38,8 % pour les garçons et 20,2 % pour les filles). Par ailleurs, le taux d’obtention d’un premier diplôme d'études secondaires avant l'âge de 20 ans des élèves des écoles publiques de Lanaudière était à 65,8 %, en 2003, et à 62,3 %, en 2006. Notons qu’entre 2002 et 2004, le taux de diplomation des étudiants de la MRC Les Moulins se positionnait au 3e rang avec 68,5 %, après la MRC l’Assomption (73,4 %) et d’Autray (71,1 %).
Toutefois, les divergences entre le taux de décrochage et le taux de diplomation démontrent que l’un n’est pas le résultat mathématique de l’autre, ce que n'exprime pas l'étude. Même si les jeunes semblent tenir plus longtemps dans le cadre scolaire régulier, ils n’obtiennent pas nécessairement leur diplôme dans le temps requis. Il est aussi possible qu’ils se tournent vers les formations professionnelles ou pour adultes pour arriver au même but.
«Il faut mentionner que plus le parcours scolaire d’un élève est ponctué d’arrêts, plus le chemin vers l’obtention d’un diplôme sera long et ardu. Dans ces conditions, il est plus difficile de maintenir un étudiant dans le milieu scolaire. Il est plus facile pour lui d’abandonner que de persévérer», note Mme McMillan.
L’analyse des données soumis à l’étude a défini le milieu socio-économique comme l’un des facteurs déterminant dans la réussite des élèves. D’une part, le taux de décrochage est plus élevé dans la majorité des écoles défavorisées. D’autre part, le revenu familial explique les faibles taux de décrochage au privé. «Il ne faut pas oublier que les exigences dans certaines matières scolaires ont été rehaussées dans les dernières années, ce qui provoque des abandons. Le manque de main-d’œuvre dans les entreprises, comme dans Les Moulins, incite également les jeunes à faire le saut plus rapidement sur le marché du travail», note Johanne Mc Millan. Ainsi, les différents intervenants du milieu ont soulevé des solutions au décrochage scolaire au niveau du ratio enseignants/élèves, du suivi personnalisé et serré des élèves, ainsi que de l’environnement dans lequel évoluent les jeunes. D’ailleurs, ces éléments expliquent le succès dans les écoles privées. D’autres ont signifié que la responsabilité du décrochage ne repose pas seulement sur l’école. L’intérêt des étudiants pour l’éducation et la valorisation du milieu scolaire pèsent dans la balance. «La réussite chez les jeunes dépend d’abord de lui-même, mais également de sa famille, son enseignant et même de son employeur. Ensemble, il est possible d'arriver à des résultats. Il y a de l'espoir», répond la coordonatrice du CREVALE. PHOTO : decrochage




