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Merci pour les frites

Daniel Bérard consacre 45 hectares de son exploitation à la culture de la pomme de terre. Armand Ohayon

Daniel Bérard consacre 45 hectares de son exploitation à la culture de la pomme de terre.

Baptiste Zapirain
Publié le 28 Juillet 2012
Publié le 27 Juillet 2012
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Daniel Bérard produit des patates idéales pour les frites

Tout le monde sait que les frites sont préparées avec des patates. Mais quelles pommes de terre donnent bonnes frites ? Daniel Bérard a une réponse: les siennes bien sûr.

Sujets :
IGA , Tigre Géant , Un Monde , Mascouche , Chemin de la Côte-Georges , Terrebonne

L’agriculteur, qui consacre 45 de ses 125 hectares situés chemin de la Côte-Georges à la culture du tubercule, produit en effet une variété spécialement conçue pour les frites : la Chieftain. Daniel Bérard déterre chaque année deux millions de livres de cette variété de beau volume à la peau rouge. Impossible d’en trouver ailleurs à Mascouche. «J’ai opté pour elle après avoir fait plusieurs essais avec les restaurateurs et les grossistes que je fournis», indique le Mascouchois. C’est une question de cuisson et de qualité de chair : «une fois frite, la pomme de terre doit être pas trop brune dehors, pas trop blanche dedans.»

Le producteur, sème, récolte, trie, stocke, nettoie et emballe des patates depuis 40 ans. Il a remarqué que la Chieftain a tendance à être boudée par la grande distribution. «C’est une pomme de terre un peu moins rouge que d’autres, alors ça ne convient pas à leur étal, où l’apparence compte. Mais les restaurateurs ne s’y trompent pas. Pour eux, c’est le résultat final dans l’assiette qui importe !»

Vu la qualité de la frite ainsi obtenue, Daniel Bérard ne manque pas de clientèle. «Trois grossistes couvrent 90% de ma production et revendent dans tout le grand Montréal. Localement, j’ai Tigre Géant et Un Monde à Vie. Il y a aussi des pourparlers avec IGA», indique-t-il.

Il regrette simplement de ne pas avoir davantage de clientèle locale : deux restaurants à Terrebonne, et personne à Mascouche avant Tigre Géant et Un Monde à Vie. «La grande distribution ne devrait acheter que local. Tu as des meilleurs prix, moins d’intermédiaires, moins de livraison. Cela met un peu plus d’argent dans nos poches, un peu moins dans celles des intermédiaires. Je n’ai jamais vu d’intermédiaire en manque d’argent», glisse-t-il.

«Mais ce sont les maisons mères qui décident où approvisionner les magasins», ajoute-t-il. «Récemment, IGA m’a demandé de fournir le magasin de Repentigny. J’ai refusé car je leur ai dit qu’il y avait des producteurs là-bas.»

Au four, en salade, pilée…

Daniel Bérard produit aussi annuellement deux millions de livres de pomme de terre Vivaldi (catégorie «chair jaune») et autant de Krantz («Mausset»). «Dans ma vie de producteur, j’ai dû essayer 150 variétés.» Les bonnes récoltes (en 2000, 2010 et 2011) ont compensé, financièrement, les mauvaises (2001 et 2003). «Pour une bonne croissance, les pommes de terre aiment une température comprise entre 17 et 22 degrés. Vous comprenez bien qu’en ce moment, ce n’est pas très bon pour elles» sourit le producteur.

Daniel Bérard jugera sur pièce au moment de la récolte, à l’automne. Le temps du tri viendra pendant l’hiver (tailles grelot, pomme de table ou jumbo), avant la vente en printemps et été.

Une fois frite, la pomme de terre doit être pas trop brune dehors, pas trop blanche dedans - Daniel Bérard

Il les jugera aussi au goût. «On aime ça les pommes de terre chez nous, on en mange souvent ! Frites, au four, en salade, en rondelles, en purée, pilées, en potage», sourit-il. Il parait que la Vivaldi est excellente à la Grec, ou pilée à l’ail.

N’importe quel citoyen peut venir acheter ses patates dans sa ferme. C’est une bonne occasion de choisir spécifiquement une variété, car les épiceries ne la précisent pas sur les étals.

Il en coûtera environ 12$ le sac de 50 livres. En moyenne, Daniel Bérard vend ses pommes de terre entre 8 et 10$ le sac aux gros acheteurs – face à qui les producteurs n’ont pas leur mot à dire au moment de décider du prix.

Il est possible également, en ce moment, de croiser le producteur aux marchés Desjardins, les samedis à Terrebonne et les dimanches à Mascouche.

Mais surtout, écoutez le conseil du maître de la pomme de terre : «conservez-les au frigidaire, à 4 degrés !» L’information vient de la part de quelqu’un qui a vu passer 100 millions de kilos de patates entre ses mains, tout de même.

Pour venir acheter des pommes de terre chez Daniel Bérard : rendez-vous au 1412 chemin Côte-Georges, du lundi au vendredi, entre 9h et 17h.

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