La ministre du Travail, Lise Thériault, et la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet, ont rencontré quelques ex-travailleurs du centre d’appel IQT Solutions ce matin (19 juillet).
Il a notamment été question des recours possibles contre l’entreprise, en conformité avec les droits des travailleurs qui ont été licenciés vendredi dernier. Mme Thériault explique que même si l’entreprise se trouve dorénavant aux États-Unis, «il est possible de la traîner en justice et mettre des avocats sur le dossier».
D’ici là, la priorité de Québec est de donner suffisamment de ressources aux ex-travailleurs afin qu’ils puissent se replacer rapidement sur le marché du travail.
«Un comité de reclassement a été mis sur pied et Emploi-Québec s’implique déjà pour soutenir cette main d’œuvre. On veut aussi s’assurer que les employés licenciés soient soutenus financièrement avant qu’ils ne reçoivent leur chômage, notamment via le programme de soutien pour les travailleurs licenciés collectivement», explique Julie Boulet.
Rencontre constructive
La rencontre a été qualifiée de «constructive» par la ministre Thériault. De leur côté, les ex-employés présents se sont sentis supportés dans cette épreuve.
«On nous a donnés tous les renseignements pour avoir accès à des programmes d’aide et de soutien financiers le plus rapidement possible. Ça risque même venir plus vite que l’assurance-chômage», explique Sarah Labarre, porte-parole des ex-employés.
La Commission des normes du travail a déjà ouvert une enquête, mais il importe que tous les employés licenciés portent plainte contre leur ancien employeur.
«C’est un cas difficile et ça fait longtemps qu’on n’en a pas eu un comme celui-ci. Les travailleurs ne méritent pas ce sort. On n’a pas encore eu de contact avec les actionnaires. Je dois également reparler d’une action concertée avec mon homologue de l’Ontario», précise la ministre Thériault.
Elle mentionne aussi que trois entreprises ont manifesté de l’intérêt à engager les ex-travailleurs d’IQT Solutions.
«Il s’agit d’une main d’œuvre qualifiée et recherchée. Une main d’œuvre de ce genre n’est pas monnaie courante. On ne peut toutefois nommer les trois entreprises en question», ajoute Julie Boulet.
«C’est certain qu’il faut relocaliser les employés. Des rencontres sont d’ailleurs prévues avec eux au cours de la semaine. Mais ce n’est pas tout le monde qui peut faire le voyagement facilement vers des compagnies à l’extérieur de Trois-Rivières, surtout que beaucoup d’employés ont des familles. Est-ce que les emplois pourraient revenir ici, par contre? Mais mon conseil aux travailleurs: n’attendez pas qu’on vienne cogner à votre porte pour vous offrir un emploi et prenez les devants», indique M. Lavoie.
Nashville s’en mêle
D’après le quotidien La Presse, le maire de Nashville, où IQT Solutions prévoyait déménager, suspend la subvention visant à l’établissement d’un centre d’appel dans sa ville.
«Dans une lettre, le maire Karl Dean dit être profondément préoccupé par le sort que les employés canadiens d'IQT ont subi, et suspend le processus d'attribution de la subvention puisque l'entente n'est pas encore signée. M. Dean demande par le fait même des explications supplémentaires», écrit le quotidien.
Ce sont 1200 postes qui ont été perdus lorsque l’entreprise a annoncé la fermeture de ses centres d’appels de Trois-Rivières (140 postes), Laval (450 postes) et Oshawa (620 postes).
