La pièce semble figée dans le temps, mais nourrie de passion pour l’époque de Louis XIV. En cette période située à la fin du XVIIe et le début XVIIIe siècle, la musique à la mode en France traversait l’Atlantique pour résonner aux oreilles des Canadiens français.
C’est toute cette époque qu’Olivier Brault veut partager avec le public, notamment grâce à l’ensemble classique Sonate 1704, dont il est le fondateur. Deux concerts sont prévus à la Chapelle du Collège Saint-Sacrement, les 11 novembre et 7 avril prochains. Entre deux pièces, Olivier Brault met un point d’honneur à livrer un contexte historique, afin de plonger l’assistance dans l’ambiance.
Anecdotes d’époque
Saviez-vous, par exemple, que le menuet était la danse la plus prisée de la société canadienne-française ? «C’était une danse de couple très rythmée, contrairement à ce qui est véhiculé dans les films historiques. Les jeunes adoraient ça, ils s’échauffaient les sangs avec», évoque Olivier Brault.
«Par contre, les autorités ecclésiastiques ne voyaient pas cela d’un bon œil. Un curé avait condamné ces ‘‘danses lascives qui ne menaient qu’à la fornication’’».
Autre enseignement : on ne créait quasiment pas de musique originale en Nouvelle-France. C’était largement dû au fait qu’il était interdit d’imprimer. «Cela rendait impossible de composer de manière professionnelle. On consommait donc ce qui se jouait en Europe, plus qu’on ne créait», explique Olivier Brault. Les administrateurs de la colonie faisaient jouer ce qui était à la mode: les sonates de Corelli, les opéras de Jean-Baptiste Lully, Michele Mascitti…
Livres précieux
Pour Olivier Brault, qui exerce également en tant que «concertmaster» (violoniste principal) de l’Appolo’s Fire de Cleveland, ces anecdotes sont aussi une manière de partager ses trésors. Avec délicatesse, il nous montre un ouvrage précieux : «La vie musicale en Nouvelle-France». «Il est vraiment exhaustif : tout ce que l’on sait sur la vie musicale en Nouvelle-France y est», explique-t-il.
On trouve aussi dans ses étagères le rare «Livre d’orgue de Montréal», apporté par Jean Girard en 1724. C’est le plus volumineux manuscrit de musique d'orgue française de l'époque de Louis XIV à être parvenu jusqu'à nous. «Je me sers de tous ces ouvrages. C’est la musique dans laquelle je baigne. La plupart de mes instruments sont d’ailleurs des versions baroques : violon, hautbois, luth, pochette, flûte traversière, serpent, piccolo, clavecin ou encore la typique viole de gambe».
Avec Sonate 1704, Olivier Brault ne jouera pas uniquement des pièces de l’époque. Mais on peut être sûr qu’il fera voyager le public. Sa passion et son art de l’échange lui ont valu rien que cette année plusieurs récompenses, comme un Coup de cœur Hexagone et un Prix Musique au récent gala des Grands prix Desjardins de la culture de Lanaudière. Il est également finaliste dans deux catégories au prochain gala du Griffon d’Or.
Concert de Sonate 1704 «Noblesse et poésie du violon sous Louis XIV» : les 11 novembre à 14h et le 7 avril, à la Chapelle du Collège Saint-Sacrement, 901, rue Saint-Louis, Terrebonne. Tarif régulier: 30$. Aînés : 25$. Étudiants de moins de 25 ans : 10$. Réservation : par PayPal (info@sonate1704.com) ou 450 492-0898.

