Un temple de la poésie japonaise à Mascouche

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Baptiste Zapirain
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Maison d’édition spécialisée dans le tanka

Patrick Simon couve les derniers livres publiés par Les Éditions du Tanka Francophone.

L’art japonais du tanka s’exprime dans le monde de la francophonie, et l’un de ses ambassadeurs réside à Mascouche. Il s’agit de Patrick Simon, directeur des Éditions du Tanka Francophone. Comme son nom l’indique, cette petite maison d’édition s’est donnée pour mission de publier des livres sur le tanka, et notamment des recueils écrits par des auteurs francophones.

Depuis le début de l’année, la maison d’édition a publié ses 12e et 13e livres : «Quant à Saint-Germain-des-Prés» du Français Nicolas Grenier, et «Des chaussettes neuves», du Québécois André Vézina. La maison d’édition mascouchoise était également présente au 13e festival de la poésie de Montréal, du 31 mai au 3 juin dernier.

Autant mettre tout de suite les choses au point : non, le tanka n’est pas la femelle du tank. «Tanka» signifie «poème court» en japonais. Il s’agit d’une forme de poésie sans rime et très codifiée, vieille de plus de 13 siècles, née avec l’écriture japonaise.

Tanka n’est pas haïku

Le tanka, père du haïku, s’en distingue par sa composition de 31 syllabes réparties en cinq lignes (contre trois lignes de 5, 7 et 5 syllabes pour le haïku). Mais il existe aussi une différence de style. «Les tankas sont des poèmes shintoïstes. Il s’agit souvent d’une juxtaposition entre un fait réel et le sentiment qu’il dégage. Les Japonais comparent beaucoup le tanka à la peinture impressionniste», a expliqué Patrick Simon à TC Média.

Les haïkus représentent davantage des instantanés, pétris de philosophie zen, où les sentiments du poète disparaissent. «Ce sont les femmes de la cour qui ont commencé à écrire des tankas. Il s’agissait surtout de poèmes d’amour. Cela n’a donc rien à voir avec le zen!», sourit Patrick Simon, passionné par son sujet.

Écrivain dans l’âme, auteur d’une vingtaine de romans, essais et recueils de poésie, Patrick Simon s’est très vite intéressé au tanka. «J’écris des poèmes courts depuis 1968», confirme celui qui a dévoré la «Revue internationale du Tanka» jusqu’à sa disparition en 1973.

Par la suite, il a fréquenté à Montréal un groupe de passionnés de poésie japonaise dans les années 2000. «En 2007, on a décidé de valoriser ça. On a fondé la Revue du tanka francophone, qui parait trois fois par an. Et en 2008 sont nées Les Éditions du Tanka Francophone.»

Le meilleur est à venir?

Même si le tanka a bénéficié de plusieurs vagues d’intérêt par le public non japonais, dans les années 50-60 d’abord et depuis les années 2000 ensuite, l’activité de la petite maison d’édition mascouchoise reste modeste. Le recueil de Nicolas Grenier, qui a obtenu le prix Paul Eluard en janvier dernier, n’a été imprimé qu’à 400 exemplaires. Sans but lucratif, les Éditions du Tanka Francophone ne comptent que sur l’argent de Patrick Simon et le bénévolat de ses membres passionnés. Elles publient habituellement quatre livres par an.

C’est le prix que Patrick Simon a choisi de payer pour rendre l’hommage qu’il souhaite à sa forme d’art préférée, sans concession. «Cette année, on ne sortira que deux livres, parce qu’on prépare deux gros projets pour 2013 : la publication d’un recueil écrit par un auteur japonais, en français et en japonais. Nous allons aussi sortir un jeu de cartes, dont les règles seront adaptées des codes du tanka».

Rien ne dit d’ailleurs que l’activité de Tanka Éditions ne va pas décoller. «Parmi les poètes vivants, le tanka est le genre le plus vendu», affirme Patrick Simon. La «génération manga», très ouverte à la culture japonaise, a déjà porté en triomphe certains recueils. «L’anniversaire de la salade», de la Japonaise Machi Tawara, sorti en 1987, s’est ainsi vendu à plus 8 millions d’exemplaires à travers le monde!

Des Tankas signés Patrick Simon

Veille d’automne

appel longue distance

ma mère en forme

ne parler que des enfants

pas de ses soixante-quinze ans.

Rayons du soleil

croire aux dernières neiges

pourtant c’est janvier

et toi au fond de tes yeux

crois-tu encore à la vie?

Les Éditions du Tanka Francophone : http://editions-du-tanka-francophone.blogspot.com. Contact : editions@revue-tanka-francophone.com.

Organisations: Tanka Éditions

Lieux géographiques: Tankas, Mascouche, Montréal Saint-Germain-des-Prés

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Commentaires

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Derniers commentaires

  • Paul
    26 juin 2012 - 08:40

    une grande maison d'édition ! à suivre, de très près.