Un groupe qui débouche les oreilles

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Baptiste Zapirain
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Un prix du public pour les Tirebouchons

«Trop bon pour la radio», le son des Tirebouchons ? C’est avec ce titre très second degré et anticonformiste que le groupe de rock («franco crash», préfèrent-ils dire) avait intitulé son premier disque autoproduit en 2008. En tout cas, cela semble assez bon pour les oreilles québécoises. Le style éclaté, festif et franc du collier des cinq compagnons de Terrebonne a suffisamment plu pour obtenir le prix Coup de cœur du public au festival Dédé Fortin de Normandin, le 9 juin dernier.

Le moral est donc au beau fixe chez les Tirebouchons, alors qu’ils préparent un second album prévu fin 2012 / début 2013. Quand on plaît au public, on peut préparer un deuxième disque plus personnel avec plus de sérénité. «Ce sera un album plus mature. Maintenant, on fait des choses plus centrées sur notre univers, comme la chanson Cyrano Parano», explique à TC Média Toby Laflamme, chanteur et guitariste.

Le groupe conservera toutefois son style non aseptisé. «Le morceau Ville Fantôme n’est pas vraiment conventionnel», annonce Alexandre Proulx, lui aussi à la guitare et au chant. On peut donc s’attendre à d’autres capsules humoristiques comme celles qui parsemaient le premier album de la formation. À l’image de la première partie de leur «Anthem», où le groupe s’amuse à parodier une émission de radio musicale. L’animateur s’apprête à passer un morceau des Tirebouchons et les annonce comme «le comble de la médiocrité de ce qui peut se faire dans la musique au Québec, en s’attaquant à Garou, l’un des piliers de l’industrie.»

«On a notre liberté»

Évidemment, le côté «pied-de-nez», anti-commercial et bazardeur de conventions, ça n’aide pas forcément pour se faire approcher des radios ou des maisons de disques. «Mais on assume», assure Rémi Giguère (guitare électrique). «On ne dirait pas non à un contrat, mais il n’est pas question de faire un album qui ne nous ressemble pas», explique le bassiste Vincent Picard.

Le batteur Alexandre Désy renchérit : «l’autoproduction, ça nous a aussi aidés. On a la liberté qu’on n’aurait peut-être pas avec un contrat. On ne veut pas être un ‘’one hit wonder’’.»

Tant pis s’il faut sabrer le rêve d’enfant de devenir des stars de la scène, ou tout du moins de le rendre plus difficile d’accès. Les Tirebouchons sont un peu revenus de tout ça. «On ne vit pas de notre musique. Ça nous plairait, mais si ça se fait tant mieux, sinon tant pis. Personnellement je suis très heureux avec ce que l’on fait aujourd’hui», confie Toby Laflamme. «De toute façon, on va bientôt remplir le Centre Bell», plaisante Alexandre Proulx.

Sans faste, le groupe assure tout de même un à deux concerts par mois. Leurs prestations font travailler le bouche à oreille, en particulier auprès du milieu étudiant. «Certaines chansons ont une résonance engagée, ce que nous trouvons pertinent dans le contexte actuel», constate Toby Laflamme, chanteur et guitariste. «Mais je ne dirais pas qu’on est un groupe engagé. On n’a rien écrit pour réagir à l’actualité. Par contre, on a composé il y a quelques années un titre comme ‘’Les voix de la jeunesse’’, qui s’applique très bien au contexte actuel», estime Vincent Picard.

Proche d’ici, on pourra les voir le 14 juillet à l’Absynthe (Montréal) et le 8 septembre au pub Saint-Patrick du Vieux-Terrebonne. Avec le même plaisir de voir leur musique «franco crash» et leur ton déménageur générer de l’énergie dans le public. C’est que le groupe aime les ambiances débridées, les publics qui bougent, et bien sûr, confirme le batteur, qui boivent. «On est les Tirebouchons quand même.»

www.lestirebouchons.com.

Organisations: Groupe de Terrebonne, Ville Fantôme, Centre Bell

Lieux géographiques: Terrebonne, Québec, Garou Montréal

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