Prendre un enfant dans ses bras…

Henriette Desbiens-Pesant
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C’est en mars 1950, sous le ciel de à Rouyn, Noranda, qu'Hélène faisait son entrée dans une famille très unie de huit enfants; ses parents étaient fiers de leur marmaille,

Prendre un enfant dans ses bras…

Hélène a grandi. Pour gagner son pain, elle a travaillé dans des maisons privées puis a gardé des enfants. «Comme je les aimais ces chers petits!», nous dit-elle. Laissons-la maintenant se raconter. «Quand j’ai rencontré l’homme de ma vie, j’étais déjà maman d’un petit garçon. Je me rappelle la bienveillance de mes parents quand ils ont appris la nouvelle de ma grossesse. Sans me juger, ils se sont souciés de mon sort et de celui de l’enfant que je portais en m’offrant leur soutien. Plus tard, c’est par ma fille de 20 ans, Guylaine, que je suis aussi devenue grand-maman pour une deuxième fois. Je réalisais bien qu’il de passait quelque chose d’étrange chez elle et un jour, elle m’a annoncé qu’elle avait une confidence à me faire. La voyant hésiter, j’ai lancé un vas-y accouche! Justement, m’a-t-elle répondu, je vais être mère! Je me suis aussitôt rappelé l’attitude de mes parents envers moi pour l’accueillir à mon tour dans l’expérience qu’elle allait vivre. J’ai deux autres enfants et je suis l’heureuse grand-maman de cinq petits-enfants que j’ai tant de fois pris dans mes bras pour les bercer ou les endormir.

Ma fille nous avait invités à assister à l’accouchement à l’hôpital Le Gardeur. Par gêne, croyant que ce n’était pas sa place, mon mari avait hésité à accepter mais il est finalement heureux d’avoir été témoin de ce miracle de la vie qu’est une naissance.

Le médecin de ma grande lui avait recommandé de ne pas dépasser la date prévue de l’accouchement; le jour venu, respectant la consigne, nous sommes partis tous les trois pour l’hôpital, même si elle n’avait aucune contraction. Installée dans la salle d’accouchement, il y a eu provocation et c’est là que les douleurs ont commencé. Guylaine nous disait que ça faisait mal mais je l’encourageais par des pensées positives. Nous suivions avec beaucoup d’intérêt le déroulement de la situation. Je ne me souviens plus si elle a mis en pratique les exercices de respiration, mais les douleurs n’ont pas duré longtemps avant que la tête du bébé n’apparaisse. Au bout de quelques poussées et en moins d’une demi-heure, le poupon expulsé de son alcôve, flairait le monde. Quelle joie ce fut pour la nouvelle maman et pour nous aussi! Le médecin avait demandé à mon mari s’il voulait couper le cordon ombilical, mais à cause d’un problème de dystrophie musculaire, il n’avait pas réussi. Les ciseaux s’étant retrouvés dans mes mains et vu la rigidité du cordon, j’ai quand même éprouvé de la difficulté à y arriver. En posant ce geste, c’était comme si je permettais à Angélie de prendre son envol dans un monde parfois troublant, mais également parsemé de joies. Les premiers cris de la mignonne petite fille déposée sur le ventre qui l’avait portée, confirmaient une heureuse délivrance. Les larmes perlaient aux yeux de la nouvelle maman qui admirait son trésor.

Puis, j’ai eu l’immense bonheur de prendre ma petite-fille dans mes bras, faisant pour cette enfant des projets et des rêves. Des émotions de toutes sortes m’envahissaient. J’aurais bien voulu être magicienne et d’un coup de baguette, déverser sur elle une pluie des cadeaux de la vie, enrubannés d’amour.

Angélie est devenue une belle adolescente qui connaîtra, elle aussi un jour, je l’espère, les joies de la maternité lui permettant de réaliser combien c’est merveilleux de prendre un enfant dans ses bras, car pour moi, ces instants privilégiés font nécessairement partie de mes plus beaux souvenirs».

Hélène

Lieux géographiques: Hôpital Le Gardeur

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