Banlieusardises | Électro-troc : ton gaufrier contre ma yaourtière

Martine
Martine Gingras
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Parmi les résolutions de l’année, l’une des plus populaires est de mieux s’occuper de soi. Yoga, ski, aérobie : souvent, le mieux-être passe par l’activité physique. Mais aussi par la cuisine: à « GO », on a envie de tout faire soi-même pour contrôler la qualité des ingrédients, réduire le sel ou le sucre, limiter les additifs.

Comme on manque de temps, on aura besoin d’un ou deux petits électros pour nous aider à préparer ces bonnes choses. Et ça tombe bien : il y a des soldes faramineux qui s’étalent lascivement dans les circulaires : des machines à pain, des gaufriers, des mélangeurs de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, des robots culinaires à 20, 30, et même 50% de rabais qu’on pourra payer en quatre versements faciles et qui nous permettront même de ramasser des Airtrucs.

Tentant? Bien sûr, que ça l’est. On s’imagine comme dans une pub léchée, dégustant sous les couvertures une gaufre toute chaude et un jus tonique, alors qu’un rayon de soleil caresse le plateau à déjeuner posé sur le lit savamment défait… C’est irrésistible!

Mais avant d’ouvrir le portefeuille, ouvrons plutôt les armoires et soyons franc en analysant leur contenu : une fois passée la magie des premiers instants, combien de fois a-t-on utilisé la dernière machine qui promettait de transformer nos menus? La machine à pain? Le presse-agrumes? La yaourtière?

Au fil des pages de calendrier qu’on tourne, les résolutions prennent le bord: moins motivé, trop occupé à réfléchir aux RÉER, à organiser un anniversaire ou à planifier les prochaines vacances, on finit par retourner à l’épicerie chasser le yogourt, le pain ou le jus au lieu de tout faire soi-même. Et on se dit que, tout compte fait, ce n’est pas si mal!

Alors quoi? On abandonne tout de suite? Que non! Je n’ai rien contre les belles résolutions et l’expérimentation : j’en ai plutôt contre la surconsommation. Le sympathique vendeur ne viendra pas nous aider à faire de la place dans les armoires, ni à payer la carte de crédit. Même acheté à rabais, un appareil inutile est encore trop cher, autant pour nos finances que pour la planète.

Organisons la résistance! Cette année, au lieu d’acheter, j’ai une nouvelle option : le troc.

L’idée m’est venue quand une copine m’a dit qu’elle rêvait de jus frais : le trip « jus », je l’ai fait moi aussi… C’était il y a cinq ans et ça a duré deux ou trois mois. J’ai bu les meilleurs jus de toute ma vie et j’avais même ma petite spécialité : un incroyable mélange à la pomme, betterave, carotte et gingembre. Je n’ai rien acheté d’aussi bon, et pourtant, ça ne suffit pas à me motiver à dépoussiérer la centrifugeuse pour en refaire. Alors tant pis : j’ai abandonné l’idée d’en refaire « un jour », et j’ai refilé la centrifugeuse à la copine.

L’espace libéré a vite été comblé, quand j’ai réalisé que chez mes parents, c’est le robot boulanger qui était négligé : j’ai fait main basse dessus! Depuis trois semaines, je l’utilise pour préparer des pâtes à pain, que je cuis ensuite au four pour avoir une croûte à mon goût. C’est fabuleux, et j’en profite… pendant que le trip dure! Et quand je serai lassée, je ferai comme eux : je donnerai au suivant.

Alors si vous avez de ces envies irrépressibles de gaufres, de jus, de pain ou de yaourt, mettez vos réseaux à profit et lancez un appel à tous. Dites-vous que quelqu’un, quelque part, sera enchanté d’essayer votre four à raclette, votre centrifugeuse ou votre machine à barbe-à-papa en contrepartie. Ne serait-ce que pour deux mois!

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