Le livre est mort? Vive le livre!

Martine
Martine Gingras
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Cette année, je vais lire plus. Beaucoup plus! Ce n’est ni une résolution, ni un vœu pieux… C’est un fait. Une analyse froide des probabilités, basée sur mes statistiques de lecture des derniers mois. J’achète plus de nouveautés littéraires, je redécouvre les classiques, je me suis abonnée à de nouveaux magazines… Je lis partout, dès que j’en ai l’occasion, du matin au soir.

À force de les utiliser, j’ai trouvé à ma tablette et à ma liseuse quelques avantages qui compensent pour le contact romantique que je perds avec l’imprimé .

Ça vous semble paradoxal, considérant qu’on clame partout la mort prochaine de l’imprimé? Justement, je n’ai pas dit que je lisais sur papier. Ce qui a ravivé mon goût de lire, c’est précisément celui qu’on présente comme son fossoyeur : le texte numérique.

Sur mon ordinateur, je n’ai jamais accroché au concept. Lire un livre ou un magazine sur l’appareil où je pioche quotidiennement pour le boulot, ce n’est pas exactement mon idée d’un agréable moment de détente. Mais depuis que j’ai adopté un iPad et un Kobo Touch, les choses ont changé. Après quelques mois d’utilisation, je suis la première surprise à constater que je lis beaucoup plus depuis que je possède ces appareils.

Pourtant, je ne pensais jamais pouvoir me passer de l’odeur du livre, du frottement des pages qu’on tourne et de la lisibilité de l’encre sur le papier…

Ce qui a changé? À force de les utiliser, j’ai trouvé à ma tablette et à ma liseuse quelques avantages qui compensent pour le contact romantique que je perds avec l’imprimé :

● Les coûts : De nombreux sites comme www.livrespourtous.com permettent de télécharger gratuitement des milliers de classiques du domaine public, comme Les Trois mousquetaires ou Les Misérables. Quant aux nouveautés, on peut télécharger un extrait avant de décider d’acheter ou non le texte entier, qui coûte de 35% à 75% moins cher que sur papier. Sans compter ces magazines, comme Wired, que je n’osais pas m’offrir à 64$ pour 12 mois depuis le Canada; sur le iPad, à 2$ le numéro, la question ne se pose même pas. Évidemment, on doit quand même débourser pour le coût initial de l’appareil...

● La contenance: Même la plus abordable des liseuses permet de traîner un millier de livres dans son sac… Je n’en demande pas tant, mais en faisant les bagages avant de partir en vacances, j’ai trouvé bien pratique de n’avoir qu’un petit appareil à caser plutôt que dix bouquins et une grosse pile de magazines.

● La communauté: À l’ère des réseaux sociaux, on peut lier notre expérience de lecture à celle de la collectivité et s’inspirer mutuellement. Par exemple, quand j’utilise mon Kobo, j’ai accès aux notes de lecture diffusées par d’autres personnes lisant le même ouvrage, je peux partager mes coups de cœur, obtenir des recommandations… J’ai même accès à mes statistiques de lecture et je reçois des encouragements à lire plus. Infantilisant? Naaa. Amusant et efficace.

On peut s’attendre à ce que le livre suive éventuellement la voie tracée par la musique numérique, dont les ventes aux États-Unis ont surpassé pour la première fois, en 2011, celles de la musique sur support physique (d’après un rapport de Nielsen et Billboard).

Mais pour acheter des livres, encore faut-ils les trouver. En anglais, c’est tout simple: cherchez n’importe quelle nouveauté dans la librairie intégrée à votre appareil, et vous pourrez l’acheter en un clic.

En français, même si l’offre s’est étoffée ces derniers mois, les recherches sont souvent infructueuses. Par exemple, on peut acheter plusieurs romans de Dany Laferrière en un clic, autant sur un iPad qu’un Kobo, mais pas le dernier Kim Thuy. Pourtant, son roman est disponible en format numérique! On le trouve notamment sur le site des librairies indépendantes du Québec, ruedeslibraires.com. Il faut donc l’acheter en passant par le site Web, le télécharger sur notre ordi, puis transférer le livre numérique sur notre liseuse. Ouf!

Oui, j’ai lu en 2011. Je lirai encore plus en 2012. Et j’espère ne pas avoir à attendre 2013 pour lire tout ce que je veux, en un seul clic... et en français.

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  • Daunis
    20 janvier 2012 - 11:33

    Hello ! Ce point de vue est intéressant et l'article de Martine Gingras bien écrit ! Que demander de plus ? Rien, c'est parfait. Cet article, émanant de quelqu'un qui apparemment lit beaucoup, et qui défend la lecture sur iPad ou Kobo, est bien dans l'air du temps. On sent que dorénavant livre-papier et livre numérique cohabiteront intelligemment. Vive ce siècle!