Amer parce que la situation financière de l’établissement devient insoutenable ; doux parce que le bilan des activités et les projets à venir offrent un espoir de lendemains qui chantent.
La saison 2011-12 a rempli sa mission avec la diffusion de nombreux spectacles pour les jeunes, l’organisation de différentes prestations dans les écoles, les nombreuses conférences, les matchs d’improvisation, et surtout la production de la première pièce professionnelle montée à Mascouche. «Histoire de fins», écrit par Hugo Turgeon, qui met en scène quatre adolescents confrontés aux meurtrissures de la vie, a permis au théâtre de décrocher une subvention du Conseil des Arts du Canada.
La pièce a tellement bien marché qu’elle sera de nouveau jouée à cinq reprises cet automne au Théâtre acàc, mais aussi à Québec, à Levy, L’Assomption… Cette réussite donne le ton de la ligne de conduite du théâtre pour l’an prochain : mettre l’accent sur la production, faire travailler les artistes de la région.
«Pour tous les spectacles qui seront diffusés l’an prochain, nous serons producteurs ou co-producteurs», annonce Évelyne Robert, directrice artistique du Théâtre acàc. Ce sera une première depuis 2008, année de la fondation de l’organisme. «Et pour les avoir vus, je peux vous dire que ce sera des grands succès», glisse-t-elle au passage (le contenu de la programmation sera révélée ultérieurement). Un show de clown est également prévu au mois de décembre.
Le nerf de la guerre
Un autre objectif majeur et décisif pour le Théâtre acàc en cette saison 2012-2013, sera de trouver davantage de fonds. Car le dynamisme, la réputation et la qualité des réalisations de l’organisme mascouchois cachent une réalité financière alarmante.
L’an passé, les charges du théâtre ont été supérieures à ses revenus : on parle d’un écart de 19000$. Plus grave : les Ateliers artistiques Côte à Côte, dirigés également par Évelyne Robert, vont cesser de prendre en charge les grosses dépenses du diffuseur (notamment le loyer), pour ne pas pénaliser leurs propres activités. «Pour les Ateliers Côte à Côte, le Théâtre est un enfant. Et on espère qu’il va devenir grand», sourit Évelyne Robert, qui ajoute que cette dernière année passée à soutenir tous ces organismes a été «épuisante pour moi.»
Le but du Théâtre est donc très clair : zéro déficit, autonomie totale. Et pour cela, il n’y a pas cinquante solutions : outre la ville, l’organisme va devoir se dénicher un partenaire majeur, un mécène privé. «On sent qu’il y a une sorte d’éveil du côté de la Ville. Mais l’argent d’un grand partenaire permettrait d’être autonome, avoir un employé rémunérer, bien payer les artistes… Il faut comprendre que l’art, ce n’est pas gratuit. Il y a un besoin criant, et ça urge parce qu’à ce rythme, le Théâtre, on va le perdre», prévient la directrice artistique.
Il faut comprendre que l’art, ce n’est pas gratuit. Il y a un besoin criant, et ça urge parce qu’à ce rythme, le Théâtre, on va le perdre - Évelyne Robert
Sur le plan des subventions publiques, le diffuseur touche 7000$ de la part de la Ville de Mascouche. C’est déjà un début, «mais ailleurs, on ne connaît pas un diffuseur qui touche moins de 12000$ de sa ville», soutient Évelyne Robert. Quant au Conseil Régional des Élus, il refuse encore et toujours d’accorder le moindre chèque au Théâtre acàc, sans que le conseil d’administration sache pourquoi. Le Théâtre essuie aussi des refus de la part du Conseil des Arts et des Lettres du Québec et du Ministère de la Culture.
L’organisme de diffusion culturel mascouchois a des tas de projets en cours, et a prouvé la qualité de son travail. Mais trouver un soutien financier est désormais vital.
Théâtre acàc : 450 325-0999.

