On apprenait, lors de la séance du conseil municipal de Mascouche, lundi, que la vente du Club de golf de Mascouche s'était finalement conclue. Plusieurs rumeurs circulaient déjà à l'effet que l'entrepreneur à la tête de Goyette, Duchesne et Lemieux, à qui on doit aussi la construction de la Seigneurie Du chêne, en était l'acheteur.
«C'est un terrain qui m'a été proposé il y a quelques mois. À l'automne j'ai fait une offre d'achat», a en effet affirmé Claude Duchesne.
Conscient des préoccupations du voisinage, ce dernier a tenu à spécifier qu'il compte tenir des consultations publiques sur son projet durant lesquelles il sera présent pour écouter les préoccupations des citoyens.
Des condos peut-être, mais des maisons aussi
«Il y a des gens qui disent qu'il n'y aura que des condos. Il n’en est pas question. Selon les nouvelles normes, il y a un certain nombre de maisons à l’hectare qui doit être respecté. Si des condos sont construits, ça ne veut pas dire qu’il faut les faire adosser aux maisons limitrophes. Ça ne veut pas non plus dire qu’on ne peut pas faire de grandes maisons. Il faut en faire, comme des moyennes aussi.», fait valoir M. Duchesne.
Des études à venir détermineraient la nature du produit qui sera offert.
M. Duchesne mentionne qu'il se doit de suivre toutes les nouvelles normes environnementales. Il compte développer le secteur intelligemment. «Il s’agit d’un site exceptionnel, vallonné avec des arbres centenaires. Je veux le développer dans son intégrité le plus possible.»
La fin du golf à Mascouche
Le désormais «ancien propriétaire» du golf, Michel Caissie, a informé la population et ses habitués qu’il comptait encore opérer les lieux pour 2012. Il annonce par contre qu’il n’y aura plus de tournoi et que le chalet principal sera fermé.
La baisse de popularité de ce sport dans la région fait certainement partie des raisons l’ayant motivé à se départir de ses biens: «Il y avait seulement 5% de ma clientèle qui venait de Mascouche. Le golf est beaucoup moins populaire chez les jeunes.» Il indique qu’au Québec, deux golfs publics sur trois perdraient de l’argent.
Des citoyens demandent une meilleure information
La plupart des résidents du secteur reconnaissent le droit à M. Caissie de vendre sa propriété. Ils déplorent cependant que les détails concernant le développement du dossier soient dévoilés de façon partielle.
Isabelle Marcotte et Jocelyne Gagnon possèdent chacune une maison aux abords du golf et ont contribué, par des recherches (demande d'accès à l’information, etc.) à ce que l’information concernant soit révélée plus rapidement.
Les deux dames ont entrepris un porte-à-porte pour connaître les préoccupations des gens du voisinage. Afin de démêler la vérité des cancans, celles-ci se sont ensuite adressées à la municipalité.
«On comprend que ce n’était pas à la Ville de faire l’annonce, pas plus que c’était notre mandat. Par contre, on a tenté d’obtenir des renseignements auprès d'elle, mais si on se présente comme M.-Mme Tout le monde, il n’y a rien qui sort», met de l’avant Mme Marcotte. «Là où la municipalité a commencé à nous donner un minimum d’information, c’est à partir du moment où nous nous sommes présentés à une séance du conseil et nous avons osé poser une question.»
Parmi les documents reçus, certains font part des nouvelles normes, entre autres imposées par le MAMROT pour l’aménagement. C’est le nombre de maisons permis par hectare et les critères de densité qui les inquiètent particulièrement.
Contradictions
Les citoyennes disent n’avoir rien contre le développement, ni contre le constructeur. Néanmoins elles demeurent avec l’impression que de l’information leur est cachée. «Que ça se développe, qu’on bâtisse, nous comprenons. Là où nous trouvons que ça pose problème, c’est qu’on nous donne la perception qu’on va être consultés, mais qu’en réalité, nous n’aurons pas notre mot à dire.»
«Ça ne reste que des ouï-dire, mais les renseignements qui nous proviennent d’ailleurs nous laissent croire que les procédures sont déjà mandatées, que les dés sont déjà lancés», rapporte Mme Gagnon, elle-même entrepreneure dans la région.
